Élections législatives en France : Juppé battu, Ségolène nouvelle célibataire

Le principe politique selon lequel : il ne faut jamais présumer de ses forces et vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, s’est illustré une fois de plus au second tour des législatives en France. L’UMP obtient certes la majorité absolue des sièges à l’Assemblée Nationale, mais le tsunami bleu annoncé n’a pas eu lieu. Toutefois, si la gauche a pu limiter les dégâts, ce n’est pas grâce à la qualité de la campagne menée par ses leaders, mais bien plutôt grâce au report des voix du MoDem; et plus encore à l’annonce prématurée d’une TVA sociale dont l’équipe Sarkozy a maladroitement évaluée la portée dans l’électorat.

On retient également la défaite quasi surprise d’Alain Juppé que les électeurs de Bordeaux ont désavoué en élisant au palais Bourbon sa rivale socialiste, Michèle Delaunay; il paye peut-être un retour d’exil Québécois trop bien orchestré, voire arrogant. Quoiqu’il en soit, il devra tirer les conséquences et démissionner du gouvernement. Cette sanction électorale le conduira t-il également à quitter la mairie de Bordeaux? Reprendra t-il un vol transatlantique pour retrouver la douceur de vivre montréalaise et le soutien des Québécois?

Autre fait marquant de la soirée, c’est évidemment l’officialisation de la rupture entre Ségolène Royal et François Hollande, ce qui met ainsi fin ? 37 ans de vie commune. Les dissonances politiques du couple apparues lors de la campagne présidentielle cachaient mal ce secret de polichinelle dont le petit monde politico médiatique se faisait l’écho. En annonçant, sa prétention au titre de Premier Secrétaire du PS, la «femme fatale» gagne sa complète «émancipation»; une démarche amorcée lorsqu’elle a décidé de se porter candidate à l’investiture socialiste pour les présidentielles; une décision que l’on a rapportée comme motivée par des velléités de petite revanche personnelle et intime …bref, la fin d’un cycle ou plutôt le commencement d’un autre, qui pourrait être également le symbole d’un renouveau nécessaire pour son parti dont on doit souligner, ce soir, la défaite, la cacophonie ambiante et l’impératif de remise en cause idéologique et stratégique.

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