Le bordel Afghan : sans langue de bois
Son enquête sur place lui a d’abord permis de constater la porosité de la frontière pakistano-afghane : “Les talibans, qui font sauter les blindés canadiens avec des bombes artisanales, quittent l’Afghanistan en toute tranquillité pour se réfugier au Pakistan. Ils traversent la frontière, peinards…Ben Laden pourrait entrer et sortir du pays 20 fois par jour sans que personne ne l’arrête (…) Le Canada et l’OTAN pensent qu’ils peuvent gagner la guerre contre les talibans, pourtant ils sont incapables de dompter la frontière. (…)Ils ne contrôlent pas, non plus, le président Hamid Karzai qui, à son tour, me contrôle pas ses ministres, ses députés et ses policiers corrompus jusqu’à la moelle. (…) Les seigneurs de la guerre, qui ont plongé le pays dans le chaos au début des années 90, sont de nouveau au pouvoir, protégés par Karzai. ”
A Kaboul, qui connaît un boom immobilier sans précédent, un chef de police lui a affirmé sans sourciller : “derrière chaque nouveau bâtiment, il y a un voleur.”
Rapportant le témoignage du président de la chambre de commerce de Kaboul, la journaliste affirme que près de 80% de l’aide internationale est détournée. Elle explique également comment lors d’un séminaire donné devant un parterre d’hommes d’affaires, il s’est vu carrément demander s’il pouvait donner un cour sur la façon de verser un pot-de-vin!!!
Elle conclue son article sur l’amertume de bien des Afghans. ” Devant la corruption, la violence et l’impunité des seigneurs de la guerre qui se remplissent les poches, certains critiquent violemment l’OTAN et le Canada, d’autres s’ennuient des talibans et sont prêts à leur pardonner leur délire religieux pour se débarrasser de la clique des seigneurs de guerre.”




