SarkoShow : Quand Sarkozy se fout des Bretons !
« Qu’est-ce qu’on va foutre dans un centre opérationnel sinistre à regarder un radar ? Qui a eu cette idée de demeuré ?… Je me fous des Bretons. Je vais être au milieu de dix connards en train de regarder une carte ! (…) Derniers jours de campagne dans une salle à voir une carte ! Grand sens politique vraiment !… ».
Voilà des propos qui ont le don d’indigner, les Bretons, ces gens fiers d’eux-mêmes et d’une région qu’ils portent au cœur même lorsqu’ils vivent loin de cette terre natale. Je ne m’étendrais pas sur l’utilité du Cross Corsen pour surveiller le rail d’Ouessant ; et pourtant, il y aurait de quoi écrire au sujet des périls et des menaces encourus par la Bretagne à cause de cette dangereuse autoroute de la mer insuffisamment contrôlée ! Je soulignerais davantage l’apparente contradiction entre cette déclaration et la compassion affichée du Président lors des obsèques du patron pêcheur de Plouescat.
Sarkozy a déclaré vendredi qu’il n’avait pas lu le livre de la dramaturge, assurant n’avoir autorisé ni interdit “quoi que ce soit” concernant ce projet. C’est tout à son honneur ! Mais en même temps, une erreur dans la communication de ce fin stratège ne se serait-elle glissée l? .
La machine du Sarkoshow pourrait-elle se gripper? Evidemment, ce serait être naïf que de penser que les hommes politiques, a fortiori lorsqu’ils sont en campagne, sont toujours aussi enthousiastes et intéressés qu’ils le laissent paraître par toutes les visites que leur directeur de campagne a consciencieusement inscrits au programme. On imagine bien entendu qu’ils se fichent éperdument de ce qu’on leur montre et des gens qu’on leur présente, fussent-ils les dignes représentant de « cette France qui travaille », même les1er mai ! Seuls comptent la petite phrase et le cliché que la presse retiendra le lendemain ou le soir même au 20h00…
Pour le Sarko-Candidat, comme pour le Sarko-Président occuper le terrain médiatique par une omniprésence calculée, voil? le secret d’une communication réussie ! Quitte ? jouer parfois le comédien, l’hyperprésident se plait à orchestrer le Sarkoshow où s’entremêle habilement politique et people. Consentons à reconnaître que la communication est consubstantielle à cette politique moderne qu’il veut incarner; mais pour paraphraser Rabelais, communication sans action n’est que ruine de la politique !




