Le monde audiovisuel Québécois : Pure Laine!!!

En cette période où la Commission sur les accommodements raisonnables conduit de nombreux Québécois à s’interroger sur les menaces faites à leur identité et sur les limites du modèle multiculturel, une question reste cependant peu débattue : celle de la représentation de la diversité à la télévision québécoise. Le monde audiovisuel est-il un bon reflet de la pluralité de la société québécoise ?

En réalité, il semble que l’on compte peu de célébrités du petit écran issues des fameuses minorités visibles. Hormis quelques personnalités noires, souvent d’origine haïtienne, qui officient en général dans les «cases divertissement», les Latinos, les Africains, les Arabes, les Chinois, les Indiens, les Autochtones, et même les Européens et en particulier les «maudits Français» peinent à percer le petit microcosme audiovisuel québécois. Animateurs, chroniqueurs, journalistes, polémistes : mieux vaut être «pur laine» et présenter un arbre généalogique d’ascendants arrivés dans le sillage de Jacques Cartier. Même pour gagner son ticket d’entrée dans le monde factice de la télé-réalité ou pour devenir candidat aux jeux télévisés, il vaut mieux s’appeler Gagnon ou Tremblay !!

Quelques interrogations :

  1. Serait-ce parce que les communautés culturelles ne recèlent aucun talent capable de passer les filtres des castings ou des entretiens d’embauche ? À moins qu’elles n’aient de véritables aptitudes que pour passer le balai et sortir les vidanges (poubelles) ?
  2. Les immigrants récents ou les ressortissants des communautés seraient-ils profondément désintéressés par le monde médiatique québécois ? On soupçonne certains de ne pas s’intégrer et de préférer garder le contact avec la sphère culturelle et le pays d’origine comme en témoigneraient la jungle des paraboles qui fleurissent sur les bâtiments dans certains quartiers de Montréal…
  3. Ou ne serait-ce pas plutôt que les patrons de l’audiovisuel québécois ont peur de voir s’effondrer les audiences et les cotes d’écoute en mettant à l’antenne des accents qui feraient frémir dans les chaumières de la province? Pour s’identifier au candidat d’un jeu, pour accorder toute crédibilité à la nouvelle rapportée, pour écouter l’avis «éclairé» d’un polémiste, point trop de couleur et d’accent ! C’est préférable !

Alors, de quoi vous effrayez-vous, braves gens ? Le monde audiovisuel québécois ne préserve t’il pas, comme il se doit, la bulle culturelle québécoise ?

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