Prison ferme pour un journaliste tunisien : sanction intolérable et vindicative

Le journaliste tunisien, Slim Boukhdhir, a été condamné mardi, le 4 décembre 2007, à un an de prison ferme pour “outrage à fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions” (8 mois), “atteinte aux bonnes moeurs” (4 mois) et “refus de présenter ses papiers d’identité” (5 TND).
 
La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) condamne (ici) la sanction “intolérable et vindicative” prononcée contre le journaliste tunisien Slim Boukhdir et appelle le gouvernement tunisien à cesser la persécution contre ce journaliste et activiste des droits de l’homme.
 
Les autorités utilisent ces plaintes pour envoyer le message à Slim ainsi qu’à d’autres journalistes indépendants que leurs écrits les conduiront ? des peines de prison”, a dit Aidan White, Secrétaire Général de la FIJ. “Il n’a pas expressément été accusé sur la base de ses travaux, mais il est difficile de croire le contraire. C’est le dernier incident d’une campagne intolérable et vindicative menée contre lui“.
 
Reporters sans frontières (ici) lance un appel aux représentations étrangères en Tunisie afin qu’elles expriment ouvertement leur soutien ? ce journaliste dans les plus brefs délais, sans quoi le verdict sera confirmé en appel et Slim Boukhdir ne pourra recouvrer sa liberté.
 
En Tunisie, on emprisonne les journalistes sous des motifs souvent éloignés de leur profession pour se prémunir de toute accusation de censure. Mais personne n’est dupe, Slim Boukhdir paye le prix de sa liberté de ton. Banni de la presse officielle tunisienne pour laquelle il travaillait, harcelé par les forces de l’ordre, ce journaliste ne s’est jamais découragé et a toujours cherché à dénoncer les atteintes aux droits de l’homme commises dans le pays du président Zine el-Abidine Ben Ali“, a déclaré l’organisation.
 
L’observatoire pour la liberté de presse, d’édition et de création (OLPEC) estime qu’il s’agit d’un coup monté (ici) pour sanctionner Slim Boukhdhir pour ses articles sur la corruption publiés récemment dans la presse internationale et où il a mis en cause les proches de ben Ali. Cette “punition” a également pour but de le priver “légalement” de son passeport.
 
Amnesty International (ici) déplore cette lourde sanction, considère Slim Boukhdir comme un prisonnier d’opinion et demande sa libération immédiate et inconditionnelle.

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