Tariq Ramadan/Abdelwahab Meddeb: les maux du monde arabo-musulman contre la "maladie de …
En tout cas, force est de reconnaître que dans le débat l’opposant à Meddeb, Ramadan est sorti incontestablement vainqueur, laminant son adversaire décevant et médiocre.
Tandis que Ramadan met les mots au service d’une démonstration intellectuelle cohérente et brillante, Meddeb se cache derrière les mots et les références philosophiques (devrais-je dire les « raccourcis »); sa pensée en devient floue, confuse, facile à démonter. Il n’en tient pas moins un discours simpliste, faisant écho aux images effrayantes et aux stéréotypes obscurantistes de l’islam auxquels sont cantonnés certains occidentaux.
Il y aurait beaucoup ? dire sur certaines des affirmations de Meddeb. De sa position sur les liens entre laïcité et démocratie en Tunisie, aux «dommages collatéraux» des populations afghanes bombardées…et globalement sur le fait qu’il semble dénier au politique une responsabilité majeure dans ce qu’il identifie comme la «maladie de l’islam»…mais nous ne nous appesantirons pas sur ces points.
On peut s’accorder avec Ramadan sur le point suivant : «Quand les Arabes disent que tous leurs problèmes viennent du conflit au Proche-Orient, c’est faux. Ces problèmes sont intrinsèques et antérieurs : divisions, manque de démocratie, pas de société civile, déficit d’intellectuels parce qu’absence de liberté d’expression (…) un autre problème du monde arabo-musulman, c’est «la désertification de tout ce qui est littérature, et de tout ce qui est rapport à la lecture et au livre»
Des arguments auxquels je suis sensible (ici).
Alors, un mystère demeure : Ramadan tient-il un double discours ou sommes-nous trop nombreux à ne pas le lire et à ne pas l’écouter ? Personnellement, je suis devant la plus grande perplexité.




