Tunisie : Prison et censure pour les voix dissidentes
L’opposante tunisienne et militante des droits de l’Homme, Zakia Dhifaoui, a été condamnée à huit mois de prison ferme à la suite d’une manifestation de “soutien aux victimes du bassin minier” de Gafsa.
Mme Dhifaoui a été condamnée jeudi par le tribunal de première instance de Gafsa pour “insubordination, troubles de l’ordre public, entraves à un fonctionnaire dans l’excercice de ses fonctions et atteinte aux bonnes moeurs”, a déclaré à l’AFP le chef du Forum démocratique du travail et des libertés (FDTL, légal) Mustapha Ben Jaafar. Arrêtée le 29 juillet à Redeyef au lendemain de la marche, Zakia Dhifaoui, responsable locale du FDTL à Kairouan (centre), perdra sa fonction d’enseignante du fait de sa condamnation à une peine de prison, a ajouté M. Ben Jaafar, dénonçant une “mascarade de procès”. Mme Dhifaoui a été jugée en même temps que six autres manifestants, dont quatre enseignants et un fonctionnaire condamnés chacun à six mois de prison.
Quatre opposants adressent une lettre à Rama Yade la délicieuse, lui demandant de réagir à l’arrestation, jugée injuste, d’un jeune Tunisien résident à Nantes
M. Ess’ghaier Belkhiri, 29 ans, originaire de Redeyef et résident à Nantes, a été arrêté le vendredi 1er août 2008 à son arrivée au port de la Goulette en Tunisie. Il a, ensuite, été transféré à Gafsa où il a comparu, le lundi 4 août 2008, devant le juge d’instruction au tribunal de première instance de Gafsa qui a ordonné son incarcération. Poursuivi pour sa solidarité avec la lutte des populations du bassin minier, il est accusé, tout bonnement de « financement de rébellion ». Un acte de solidarité est ainsi transformé en un crime passible de 20 ans de prison. Tout se passe comme si l’état de non-droit qui sévit en Tunisie s’étend au pays de droit qu’est la France où la liberté de manifester est garantie, et où, en l’occurrence, elle a été légalement sollicitée et obtenue, comme nous continuons à le croire. Liberté de ce côté-ci de la Méditerranée, crime au-delà ?
Pendant ce temps, plusieurs blogs tunisiens sont tombés sous les coups de serpe du fameux Ammar 404.





