La Presse Tunisienne: Championne olympique de la lèche
À l’occasion de son 72ème anniversaire, le président tunisien a offert un joli cadeau à ses citoyens : il a fait lever la censure sur Facebook. Mais ce qui est plus hallucinant encore dans cette Tunisie ubuesque c’est ce petit bijou de flagornerie de la Pravda tunisienne :
Aujourd’hui, 3 septembre, c’est l’anniversaire du Président Zine El Abidine Ben Ali. Un jour d’anniversaire qui est, dans la pensée de notre Président, un jour comme les autres, consacré au service de sa patrie et de ses compatriotes, pour davantage de progrès, de prospérité et d’invulnérabilité de la nation.
C’est que, constituant pour toutes les Tunisiennes et tous les Tunisiens un exemple d’abnégation et de dévouement, le Président Ben Ali a fait de l’effort et du travail de véritables valeurs cardinales.
Et c’est précisément grâce à ces vertus et à l’enthousiasme qu’elles ont suscité depuis le Changement du 7 novembre 1987 que la Tunisie continue à engranger quotidiennement des conquêtes significatives et avérées dans tous les domaines, faisant de notre pays un modèle dont ne cessent de s’inspirer de nombreux pays dans le monde.
A l’heure où tous les Tunisiennes et les Tunisiens accueillent avec bonheur et fierté l’acceptation du Président Ben Ali de présenter sa candidature à l’élection présidentielle de 2009 et à l’heure où le pays s’apprête à célébrer le 21e anniversaire du Changement, la Tunisie envisage l’avenir avec confiance et sérénité, cultivant des desseins exaltants pour réaliser de nouvelles conquêtes, inspirés par le leadership de leur Président, un grand homme d’Etat aux qualités humaines et morales exceptionnelles.
Joyeux anniversaire Monsieur le Président et tous nos vœux de bonheur, pour que notre pays puisse conquérir, sous votre conduite éclairée, d’autres progrès et marquer de nouvelles avancées vers la prospérité et l’invulnérabilité. Une Tunisie sans cesse stable, en pleine croissance, moderne, solidaire et rayonnante.
L’auteur semble avoir épuisé le dictionnaire des qualificatifs élogieux. C’est un texte tellement dithyrambique que cela en devient suspicieux. Ces journaleux-cireurs de pompe auraient pu faire preuve d’un peu plus de subtilité, cela n’aurait donné que plus de crédibilité à leurs louanges, à moins qu’ils ne soient les rois du second degré…





