Élections fédérales 2008: Harper majoritaire?

 

Le Premier ministre conservateur Stephen Harper a officiellement convoqué dimanche, des élections législatives anticipées pour le 14 octobre; les troisièmes au Canada en un peu plus de quatre ans.

 

Jouons un peu aux pronostics; le soir du 14 octobre, Bernard Derôme, chef d’antenne de la télévision de Radio-Canada, pourrait vraisemblablement prononcer la fameuse phrase: “Si la tendance se maintient, le prochain gouvernement du Canada sera conservateur et majoritaire“.

 

Pourquoi un tel résultat ?

 

Parce que si l’on regarde le bilan du gouvernement Harper, l’opposition n’a pas véritablement de grosses munitions : aucun faux-pas majeur, si ce n’est peut être l’environnement et là, les Conservateurs pourront tirer la grosse artillerie contre la taxe carbone au cœur du programme libéral. L’environnement ne sera peut être pas au cœur du débat, mais la «fiscalité verte»  a toutes les chances de l’être, surtout dans un climat d’incertitudes économiques, de menace de récession et de fluctuations importantes des marchés financiers.

 

Ensuite, parce que le Bloc Québécois, n’a pas d’autres stratégies que de jouer la carte de la diabolisation du gouvernement conservateur, qui une fois majoritaire à la Chambre des Communes, pourrait mettre en œuvre un programme s’inspirant d’une idéologie d’extrême droite, dangereux notamment pour les droits des femmes. Or, les Conservateurs de Harper ont justement réussi à polir et adoucir cette image inquiétante qu’on voulait leur accoler en 2006. Les Canadiens et les Québécois seront donc probablement moins enclins à souscrire à cette rhétorique de la peur.

 

Parce qu’enfin, la politique canadienne, comme ailleurs dans le monde, tourne de plus en plus autour de la personnalisation du pouvoir. La personnalité des chefs et des élus devient un élément clé de l’élection. Et, parce que face à Stephane Dion, qui malgré ses efforts et son expérience, a le charisme d’une huître, même Harper a réussi à se constituer l’image d’un Premier ministre crédible.

 

Nul doute, que ces élections seront déterminantes pour l’avenir des chefs. Au moins d’eux d’entre eux sont sur la sellette : Gilles Duceppe et Stéphane Dion qui aura fort à faire pendant la campagne pour faire oublier et taire les rumeurs et les conciliabules sur son éventuelle succession.

3 comments:

  1. 3alai, 7. September 2008, 13:57

    Le pire c’est que les conservateurs réussissent à percer même au Québec où Dion et Duceppe perdent de plus en plus leurs crédibilités… jusqu’où ira l’aliénation et le suivisme envers les Américains?

     
  2. Jean-Luc Proulx, 7. September 2008, 22:48

    Je crois qu’il est trop tôt pour se risquer dans des prédictions. Tout ce que je peux dire pour le moment, c’est que le Bloc aura moins de députés au profit des conservateurs qui augmenteront à coup sûr, à moins d’une débâcle totale en cours de route, leur députation québécoise. Pour ma région (Québec), je prévois déjà un tsunami conservateur multiplié par 10 par rapport à celui de 2006. Je ne serais même pas surpris de voir le PCC balayé complètement la région en y raflant les 11 comtés. Par contre, avant de déterminer un gagnant minoritaire ou majoritaire peu importe la couleur à l’échelle du Canada, je crois qu’il faut attendre un peu.

     
  3.  

    [...] Pourtant, la nomination du Dr Morgentaler au sein de l’ordre du Canada date du 1erjuillet dernier. L’archevêque de Montréal aurait donc pu s’indigner bien plus tôt, à moins que le timing de ce coup d’éclat ne soit calculé. Son objectif n’est –il pas de remettre la question du droit à l’avortement à l’agenda politique en pleine période de campagne électorale? [...]

     

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