Archive for the 'Québec' Category

Violence conjugale : pétition de la communauté musulmane de Québec

C’est un fait divers comme on en voit malheureusement tous les jours dans les médias. Cela se passe dans la ville de Québec (ici). Mohsen Mabrouki, 37 ans, d’origine tunisienne vient d’être condamné à une peine d’un an et demi de prison. Cet individu qui fait déjà l’objet d’une mesure de renvoi dans son pays, a été reconnu coupable de plusieurs mauvais traitements à l’égard de sa femme. Entre novembre 2004 et mai 2006, Mabrouki a giflé à plusieurs reprises sa femme, il l’a frappée avec une ceinture, il l’a agrippée par les cheveux pour la pousser au bas d’un escalier et, ensuite, il lui a asséné plusieurs coups de bâton. L’accusé a aussi placé un couteau sous la gorge de la jeune femme étudiante en médecine en lui disant qu’elle ne goûterait pas la mort, et il lui a asséné des coups de poing et de tête. L’homme a justifié ses gestes en expliquant que sa femme « refusait de l’écouter » !
Ce qui m’enrage et m’offusque ce n’est pas tant ce fait divers sordide (même si j’éprouve de la compassion pour la victime), que la pétition que la « communauté musulmane de Québec » a déposé en Cour. Celle-ci se voulait la preuve que Mabrouki y jouit d’une bonne réputation. Odieux, honteux, minable, révoltant, répugnant et infâme ! La soi-disante communauté musulmane de Québec a bien raté une occasion de se taire (pour une fois qu’elle l’ouvre!!) ! En cautionnant de tels comportements, en apportant son soutien à de sinistres personnages comme Mabrouki, elle donne une piteuse image et renforce les clichés dont souffrent trop souvent les musulmans et les arabes.

Chômage des Maghrébins: «Une honte pour le Québec»

Il y’a quelques mois, le quotidien La Presse de Montréal a publié un dossier intéressant sur les obstacles que rencontrent les Arabes du Québec pour décrocher un emploi (ici). Aujourd’hui, le même quotidien un autre article sur le même sujet intitulé Chômage des Maghrébins: «Une honte pour le Québec»
Dans l’article on apprend que « les maghrébins forment le groupe le moins choyé à ce qui a trait au marché du travail. Alors que le taux de chômage de la population en général est à 7% au Québec, pour les Maghrébins, la situation est toute autre avec un chiffre qui frôle les 28% pour les immigrants qui sont ici depuis moins de cinq ans. »
La communauté maghrébine blâme notamment «l’inaction» du gouvernement face à ce problème. Quant aux raisons de cette «exclusion», les intervenants refusent de jouer la carte du racisme. On indique que les immigrants maghrébins sont trop qualifiés pour les emplois offerts : 45% ont des qualifications universitaires techniques contre 31% pour la population en général.

Pour tous ceux qui pensent encore que le Québec est un eldorado, il est temps de faire tomber le mythe et de briser le miroir aux alouettes! Le « passeport » pour une vie meilleure n’est pas assuré. Les sacrifices de l’expatriation en valent-ils la peine? Pas sûr, à moins d’avoir un projet professionnel sérieux et fiable qui l’attend, l’immigrant doit réfléchir à deux fois et évaluer s’il s’agit effectivement d’une opportunité.

La politique d’immigration tel qu’elle est actuellement mené par le Canada et par le Québec ne permet pas d’atteindre les objectifs qui lui sont assignés. Pourquoi accepter des gens surqualifiés pour les postes à pourvoir? L’intégration doit-elle se faire au prix d’une déqualification?

Mises au point pour Nabila Ben Youssef, tunisienne et humoriste québécoise

Suite à la lecture de cet article (ici) paru aujourd’hui dans le Quotidien Québécois Le Soleil, mon sang ne fait qu’un tour et je sens que je me dois de faire quelques mises au point :
 
Dès le préambule, on comprend quel type de message tendancieux, l’humoriste fait passer dans ces entrevues à la presse. Le journaliste ne se permet–il pas de comparer «la froideur sociale de son «père pays» phallocrate pour connaître la chaleur humaine de sa mère patrie d’adoption [le Québec] » ?

1ère mise au point : L’on peut critiquer la société tunisienne sur de nombreux aspects, mais considérer que la Tunisie se caractérise par une « froideur sociale » me semble injuste pour ne pas dire inepte ou carrément malhonnête. S’il est bien l’une chose que l’on remarque en Tunisie c’est l’accueil chaleureux et la traditionnelle hospitalité avec laquelle l’étranger ou le touriste est reçu. A moins que par cette expression, le journaliste ou l’humoriste, on ne sait pas trop à qui attribuer la paternité/maternité du propos n’est voulu dire totalement autre chose, mais le problème c’est que l’on ne comprend pas très bien et qu’il eut fallu expliciter avant d’utiliser une formule aussi ambiguë.

2ème mise au point : Parler de la chaleur humaine de la société d’accueil québécoise, ce n’est peut être pas totalement faux, mais il est tout de même surprenant de constater que des médecins, des ingénieurs, des doctorants éprouvent semble t’il un peu plus de mal à s’intégrer et à se faire accepter qu’une « petite comique ». N’affirme t’elle pas : « une Tunisienne comme moi peut faire carrière dans le show-business québécois mais pouvez-vous imaginer un humoriste québécois faire carrière là -bas?»
Au mieux, elle veut ignorer ou occulter totalement certaines réalités des immigrants d’ici qui malgré leurs efforts, n’en font manifestement pas toujours assez; au pire, elle est prête à tout pour flatter les égos chauvins… Quant à la comparaison avec l’aventure d’un humoriste québécois en Tunisie, elle est infondée. Car celle qui aime aussi à se faire appeler, l’«arabe cochonne», ne fait pas rire avec un humour typiquement tunisien qui joue plus sur la subtilité et l’ironie que sur le plaisir, certes exutoire, de se laisser aller à la grossièreté. En somme, elle utilise bien les ressorts comiques susceptibles de rencontrer le goût de son public québécois.

3ème mise au point : Mademoiselle Ben Youssef a bien compris comment fonctionne le milieu du show-bizz québécois puisqu’elle a manifestement choisi de séduire les souverainistes en déclarant vénérer le père du Parti québécois René Lévesque. Toutefois, lorsque, par humour, elle pense pouvoir le comparer à Mahomet «pour son grand amour des femmes!», une fois de plus, je constate qu’on n’a pas le même sens de l’humour et que son sens de l’analyse du politique est aussi médiocre que celui de sa réflexion religieuse. (Et pourtant, je suis de ceux et celles qui pensent et affirment qu’on peut rire de tout !)

En conclusion, la stratégie marketing de Nabila Ben Youssef qui vise tout bonnement à vendre son spectacle et à se bâtir une petite célébrité au Québec, au prix de clichés et de stéréotypes qu’elle entend pourtant dénoncer, est tout simplement déplorable. Si Nabila Ben Youssef entend devenir un porte étendard de l’égalité homme-femme en Tunisie, elle ne me semble pas choisir la meilleure voie. Les droits acquis par le statut de la femme de 1956 marquèrent une avancée considérable pour un pays musulman, il est vrai cependant que l’on se doit de rester lucide et ne permettre à quiconque de s’endormir sur des lauriers poussiéreux. Les Tunisiennes qui font avancer les choses, sont celles qui travaillent et dans leur vie quotidienne se battent pour que le respect de l’égalité homme-femme ne soit pas un vain mot, bien plus que celles qui prétendent faire tomber les murs du paternalisme en flattant l’égo de son public québécois.

Vous pouvez voir ici quelques extraits pas drôles de son spectacle : Arabe et cochonne bio.

NB : A l’origine, son spectacle s’intitulé «Musulmane et cochonne»

Police de Montréal : Championne des contraventions

Au début de l’année, j’ai publié un billet sur les policiers de Montréal qui se postent à quelques endroits stratégiques de la ville, attendant le quidam, souvent de race «pigeon», qui ne manquera pas de plonger dans le «panneau». Je me suis interrogée sur le but de ce positionnement : faire du chiffre? Assurer leur quota mensuel de contraventions ?
Aujourd’hui on apprend que la police de Montréal est sur le point de battre le record de 2006 pour les contraventions émises aux automobilistes. Entre janvier et octobre de cette année, les policiers de Montréal ont distribué près de 500 000 contraventions pour des amendes totalisant 63 millions $. Si la tendance se maintient, le record de 71 millions $ établi l’année dernière sera aisément battu en 2007.
J’ai hâte à voir les statistiques des accidents de la circulation routière sur l’île de Montréal pour l’année 2007.

Pour changer d’idées, voici un clip sur la sécurité routière au Burkina Faso…

Soldats Québécois en Afghanistan : Good morning, Afghanistan!"

Battle for Sangisar. Exclusive footage from Canadian reconnaissance squadron, which led weekend battle in Sangisar. Video courtesy of Cpl. Philippe Lemieux (see story here)

Radio-Canada "Enquête" au pays de Jaziri

La déportation en Tunisie de l’imam Saïd Jaziri (ici) soulève de troublantes questions. A-t-il été victime d’un lynchage public pour ses propos souvent controversés? Le gouvernement canadien a-t-il renié ses engagements internationaux en matière de protection des réfugiés? Sa sécurité est-elle vraiment menacée en Tunisie? Une enquête de Montréal à Tunis, en passant par Ottawa, sur les dessous d’une affaire qui teste les limites de notre tolérance en tant que société d’accueil. (Source)

(Cliquez sur le titre pour voir le reportage de Radio-Canada)

Au pays de Jaziri

Quand Dieudonné tire à boulets rouges sur Richard Martineau

L’émission Le 3950, de Luck Mervil sur TV5, fait encore parler d’elle. L’échange entre Dieudonné et Richard Martineau a «volé très bas» (ici).

Je ne suis pas fan de Dieudonné, et je ne partage pas ses prises de position, mais je pense l’être encore moins de Richard Martineau, ce journaleux omniprésent, qui nous abreuve de ses analyses douteuses.

Lorsque Dieudonné prétend qu’on ne peut pas rire de tout en Amérique, il faut vraiment être à court d’argument pour s’abaisser à répondre à la provocation et lancer à la caméra à propos du Premier Ministre, Jean Charest: «Gros trou du cul de merde qui mange du vomi!».

Si c’est là , la liberté d’expression selon Monsieur Martineau, c’est franchement déplorable et ce d’autant plus que le traiter de «bon petit soldat du groupe Quebecor» sur son blog, m’a valu de tomber sous le coup de la censure…Preuve que Richard Martineau a la critique facile, mais ne souffre pas si facilement la contradiction.

Je finirai sur cette citation bien sentie de Dany Laferrière (Tout le Monde en parle, 26 février 2006): “Richard Martineau vit intellectuellement au dessus de ses moyens. Il dépense plus qu’il ne possède. Un jour, il fera faillite!”.

Le Business des prêts et bourses au Québec !

”Le régime d’aide financière aux études administré par le ministère de l’Éducation est un panier percé d’où s’échappent, chaque année, plus de 5 millions de fonds publics. ”

Ce constat est fait par le Vérificateur général du Québec, dans le premier tome de son rapport 2007-2008 déposé aujourd’hui à l’Assemblée nationale.

Comment se fait-il que des étudiants reçoivent des prêts et des bourses sans même que leurs dossiers scolaires ne soient jamais examinés? Je connais plusieurs cas d’étudiants qui n’ont jamais obtenu de meilleures notes qu’un E, qui ont pu se réinscrire dans plus de 3 universités éparpillés au Québec en seulement 3 ans, tout en résident dans la même ville!!! Et pendant ce temps, ils continuent toujours de bénéficier des prêts et bourses ?!! En fait, ces étudiants ne fréquentent jamais les institutions dans lesquels ils sont inscrits à temps plein, comme on peut s’en douter lorsqu’on voit à leur dossier qu’ils ne passent jamais aucun examen !
Je me demande dans quelle mesure, les gouvernements, devant tant d’inaction, ne se rendent pas coupables de l’arnaque des prêts et bourses, devenue un vrai « business » pour certains faux étudiants?
La solution est pourtant extrêmement simple et pas si coûteuse en temps et organisation pour l’administration… Il suffirait tout simplement de fournir un relevé de notes lors de la demande de prêts et bourses… mais c’est là rompre un vrai tabou, puisqu’ il s’agirait d’ouvrir la porte à une sorte de sélection…mais devant tant d’excès et d’abus dans une province déjà fortement endettée et qui se fait fort de défendre son système d’éducation, ne faut-il pas trouver des moyens radicaux de sauver le navire avant qu’il ne sombre.

Commission Bouchard-Taylor : le dérapage de Martineau, l’irresponsable

Le risque avec les forums citoyens est de voir ces derniers servir d’exutoire et de déversoir de frustrations et de ressentiments, de constater que tour à tour, on érige en boucs émissaires qui des “immigrants”, qui des “musulmans”, qui des “juifs”…

Aussi, lorsque Richard Martineau s’indigne devant l’intervention du Commissaire Bouchard qui a jugé nécessaire de couper court aux propos “antisémites” d’un intervenant, c’est à mon tour de m’insurger. Lorsqu’il estime que les Commissaires devraient, au nom de leur neutralité, se taire et laisser les citoyens s’exprimer en toute quiétude et respecter tous les avis, je proteste.

Il serait démagogue de laisser croire que l’on peut se permettre de dire n’importe quoi au nom de la liberté d’expression. Il serait déraisonnable de se prosterner devant la religion du relativisme pour considérer que tous les avis, mêmes extrémistes, racistes et xénophobes, se valent et valent la peine d’être entendus devant cette Commission. Je vais même plus loin en affirmant que depuis le début de cette tournée dans les régions, les Commissaires auraient même du se manifester davantage pour mettre fin aux propos erronés d’une réalité grossièrement déformée.

Mais n’est-ce pas une illustration du fait qu’implicitement, Richard Martineau se porte encore à l’avant poste du navire Quebecor pour dénigrer la Commission Bouchard-Taylor ? En l’espèce, Bouchard a «censuré» un «honnête citoyen», un peu faible d’esprit, sans doute abusé par un reportage de qualité douteuse réalisé pour une émission de la chaîne TVA. Le reportage en question, qui laissait entendre que la « certification cachère » renchérissait le prix de nombreux produits alimentaires, avait pourtant était remis en cause par le Journal de Montréal. Deux médias qui appartiennent au groupe Quebecor ! Comme un bon petit soldat, le “journaliste” Martineau, a préféré fermer les yeux sur les inexactitudes très certaines de ce reportage pour mieux blâmer l’attitude des Commissaires. Voilà ce qui s’appelle être “corporate“. Vendu à la convergence, lui ? Jamais !

 

 

La Tunisie vue par des journalistes québécois : bienvenue au pays du jasmin et…des policiers !

L’expulsion de l’imam Jaziri et le cirque médiatique qu’elle a suscité ont braqué les projecteurs des médias québécois sur la Tunisie. Depuis une semaine, leurs envoyés spéciaux découvrent et rapportent la face cachée du pays du jasmin.

D’après l’envoyé spécial de Radio Canada en Tunisie, Guy Gendron, la liberté de presse n’est pas un principe fondamental en Tunisie (ici). Le journaliste de La Presse, Marc Thibodeau raconte qu’il a été pris en en filature (ici). Ce dernier récidive aujourd’hui avec un autre papier publié dans La Presse, intitulé Droits de l’homme en Tunisie: sous le sable, les policiers (ici). Des témoignages qui viennent contredire les propos de Pauline Marois, la chef du Parti Québécois, qui, cette semaine, qualifiait la Tunisie d’«Etat de droit».

Le journaliste de La Presse découvre les effets d’une obsédante mégalomanie omniprésente : « on croise à plusieurs carrefours d’énormes portraits du président Zine el-Abidine Ben Ali, tout sourire. De petits portraits sont aussi disposés dans la plupart des commerces et des restaurants ».

Il constate également la pauvreté journalistique, remarquant que « les principaux médias soulignent avec régularité les réalisations du dirigeant de 71 ans, qui fêtera dans moins de deux semaines le vingtième anniversaire de son arrivée au pouvoir, date historique désignée comme le «Changement » ; Et relatent les interventions de formations politiques officiellement reconnues comme le Parti de l’unité populaire, qui saluait cette semaine en conférence de presse les efforts incessants du régime en faveur du développement du pays. »

Le journaliste considère que « sous cette «démocratie de façade» se cache un État policier qui réprime violemment toute dissidence ». Il rapporte le témoignage de Mohamed Abbou, avocat, libéré après la visite de Sarkozy en Tunisie : «En prison, j’entendais chaque nuit des cris de détenus qui demandaient pitié à leur bourreau».

Il conclue sur l’apparente résignation des Tunisiens, derrière laquelle pointe l’exaspération : « La population, dans la rue, se montre peu loquace lorsqu’il est question de parler du régime. «Je vous dis ça parce que vous êtes un étranger. Mais si vous étiez d’ici, je ne dirais pas un mot», a déclaré un chauffeur de taxi après s’être indigné du nombre de panneaux montrant le dirigeant tunisien ».

Aujourd’hui cependant, précisons que la jeune et active bloggosphère tunisienne, au pays et à l’étranger, ne se résout pas ? accepter le silence. Le premier juillet dernier, plusieurs blogueurs tunisiens ont organisé une action : je blogue pour la liberté d’expression en Tunisie qui a rencontré un certain succès.

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