Archive for the 'Tunisie' Category

Voile islamique au Québec : l’expérience tunisienne

 

Le débat sur le foulard (voile) islamique fait rage au Québec. Paul Arcand, animateur de l’émission matinale numéro 1 à Montréal a eu une entrevue avec Khadija Cherif, ancienne présidente de l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates (Tunisie).

 

Entrevue fort intéressante sur le voile et les libertés, les raisons…

 

Cliquez ici pour écouter l’entrevue

Facebook et la politique en Tunisie ?

 

C’est le titre d’un article au style piteux et médiocre, paru aujourd’hui sur le site Tunisie Affaire. En réponse au contenu de cet article, voici comment j’entrevois l’initiative encouragée par Galia SKANDER, habile maitresse de la langue de bois :

 

1.   Si je suis cynique : le président tunisien n’a pas besoin de ce genre de subterfuge pour sortir largement gagnant des urnes.

2.   Si je suis ironique : la politique tunisienne peut-elle être comparée à la politique française et américaine? 

3.   Si je suis réaliste : qui les partisans du RCD affronteraient-ils sur la toile? A part les quelques opposants qui ont le courage de s’exprimer ouvertement, la grande majorité des internautes tunisiens (et je m’y inclus), préfèrent se fondre dans l’anonymat par peur de représailles.

4.   Si je suis optimiste : l’opération séduction auprès des jeunes tunisiens me semble compromise dans la mesure où la blogosphère tunisienne, apparait rétive aux messages lénifiants d’un système politique verrouillé. Pour preuve, le succès de la note Blanche du 25 décembre 2008.

Caricature : DebaTunisie

Note blanche contre la censure et pour la liberté d’expression en Tunisie

Bloggueur du RCD: le « spam» comme mauvaise stratégie de communication

Réfléchissant aux stratégies de communication que pourrait développer le pouvoir de Carthage, je me demandais comment cela se faisait, qu’il n’y avait pas de bloggeurs se déclarant officiellement, soutien du RCD et du président Ben Ali.

Dans mon raisonnement, un (des) blogueur(s) authentiquement engagé(s) aux côtés du RCD pour faire entendre la voix du pouvoir,  aurait(ent) été la meilleure preuve que nous sommes bel et bien dans un système ouvert au dialogue et au débat d’idées; cela aurait démontré l’absurdité des propos tenus par les éternels râleurs, « perturbateurs » et fauteurs de troubles de la blogosphère. Une telle option étant clairement préférable à celle de la censure de toutes voix dissidentes….

Mais pouvait-on réellement penser les RCDistes capables de tant de subtilité et d’imagination? Pas vraiment… certains semblent avoir compris que le blog pouvait servir d’outil de communication redoutable, mais en l’adaptant à la sauce du «changement», ils lui ont fait perdre toute sa puissance de « contre-feu »….

Pratiquer assidûment le « copier-coller » de discours officiels (jusqu’à 10 posts de plusieurs dizaines de lignes par jour) ne permet aucunement de se différencier de la langue de bois lénifiante des canaux médiatiques traditionnels. Le blog n’est ni plus ni moins qu’un vulgaire outil de propagande classique qui s’ajoute à la panoplie sans en révolutionner le discours ou sa méthode de diffusion.

Pour les arabophones, vous pouvez lire le billet de Tarek Kahlaoui.

Coup de gueule : Les Tunisiens connaissent-ils les Droits d’auteur ?

 

Cela  semblera probablement dérisoire à côté d’autres droits fondamentaux outrageusement bafoués…mais puisque j’ose m’exprimer librement dans ce blog, je ne me tairai pas sur ce sujet qui a le don de m’agacer.

Aujourd’hui  même, j’ai pu constater, et cela  à deux reprises, avec colère et indignation comment certains Tunisiens se vautrent dans le plagiat ou ne s’embarrassent guère des questions de droits d’auteurs.

Peut être rien d’étonnant dans un système gangréné par la corruption, le mensonge et  l’hypocrisie sociale; la malhonnêteté intellectuelle et le vol du travail d’autrui font sans doute partie du lot. Pareil contexte, ajoute encore (s’il en fallait) un argument aux scientifiques et entrepreneurs tunisiens de la diaspora qui n’envisagent pas un retour au pays.

  1. Sur la page Facebook officielle du Président, l’administrateur s’est arrogé le droit d’y mettre une vidéo que j’ai réalisée en 2006, sans citer la source. La vidéo intitulée : Nostalgie Tunisienne a été vue 22 254 sur Youtube et 3 256 sur Dailymotion et ce en dépit de la censure qui frappe ces deux sites depuis au moins un an.
  2. Lors d’une conférence internationale organisée par un institut de recherche émanant d’un ministère, la directrice de celui-ci a fait une présentation dans laquelle, j’ai retrouvé plusieurs diapos tirées d’une conférence que j’ai donnée au début de l’année. Une fois encore sa source n’a jamais été citée.

Pour une seule journée cela fait beaucoup.

J’ai bien conscience que ces deux malheureuses anecdotes ne sont sans doute pas grand-chose à côté d’autres malversations aux conséquences autrement plus dommageables, mais j’y vois un énième symptôme de cette « Tunisie Malade » où les valeurs du travail et de l’effort ne sont pas assez récompensées et où les vautours  sont toujours prêts à sauter sur le moindre bout de viande aussi maigre soit-il…

 

Peines sévères contre les dirigeants du mouvement de protestation sociale: « La Presse » Tunisienne contre-attaque

 

Il y a de quoi de se demande si le procès des dirigeants du mouvement de protestation sociale de Redeyef s’est réellement déroulé ou si c’est juste un cauchemar imaginé par quelques opposants malveillants  ou des occidentaux toujours avides de « juger » la situation des droits de l’homme en Tunisie.

 

Pire, dans son numéro de samedi, le Quotidien La Presse, la propagande officielle du régime tunisien, a fait un spécial Gafsa avec moult articles courageux sur les réalisations du Rais.

 

Voici comment un de ces articles commence :

L’année 2008 aura été pour le gouvernorat de Gafsa une année mémorable, aussi bien sur le plan des réalisations économiques que du développement social

Je vous épargne la suite de cet article, et je vais le finir par cette dépêche de l’AFP :

 

Tunisie: interpellations lors d’une manifestation dans la ville minière de Gafsa

 

Les forces de l’ordre tunisiennes ont interpellé vendredi plusieurs manifestants à Gafsa à l’occasion du procès des dirigeants du mouvement de protestation sociale qui a secoué cette région minière du sud-ouest tunisien au début de l’année, a-t-on appris samedi de source gouvernementale.

 

Quelques personnes ont tenté de perturber l’ordre public (dans cette ville) par des attroupements anarchiques sur la voie publique. Elles ont été dispersées et quelques interpellations ont eu lieu“, a déclaré ce responsable sans préciser le nombre de personnes arrêtées.

 

De son côté, une source de l’opposition a fait état de “confrontations entre les forces de police et de jeunes manifestants dans la ville de Redeyef”, une autre ville de la région.

 

Les manifestants, qui “scandaient des slogans dénonçant les peines sévères prononcées contre Adnane Hajji (le porte-parole du mouvement) et ses compagnons, ont été dispersés par l’usage de bombes lacrymogènes”, a précisé le Parti démocratique progressiste (PDP), une formation de l’opposition légale.

 

Au terme d’un procès mouvementé, six dirigeants du mouvement de contestation sociale ont été condamnés à 10 ans de prison ferme, 27 prévenus ont écopé de deux ans de prison avec sursis à six ans de réclusion, tandis que cinq autres ont été relaxés.

 

Ils étaient jugés notamment pour “participation à une entente criminelle visant à préparer et commettre des attentats contre les personnes et les biens, troubles à l’ordre public et rébellion armée”.

 

L’agitation dans le bassin minier de Gafsa, ville située à 350km de Tunis, a débuté en janvier dernier sur fond de revendications sociales causées notamment par la cherté de la vie, le chômage et le népotisme.

 

Depuis, le gouvernement a multiplié les mesures pour y améliorer la situation, lancer des projets et créer des emplois

 

(AP | 13.12.2008 | 21:44)

Reportage : le procès des meneurs du mouvement social de Redeyef

Cliquez sur le lien pour visualiser le reportage réalisé par France 3 sur le procès des meneurs du mouvement social de Redeyef. (À partir de 00h14m52s)

 

Reportage France 3

En Tunisie, comme d’habitude, block out sur ce type de sujet…

Tunisie : Quand Ben Ali parle des Droits de l’Homme

Le Chef de l’État Tunisien a présidé aujourd’hui une cérémonie à l’occasion du 60ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme :

  • Les droits de l’Homme sont un symbole civilisationnel, en même temps qu’un impératif moral et politique
  • La concrétisation de la dignité de tous, une règle essentielle pour la consécration de la globalité des droits de l’homme

Pendant ce temps…

Quatre journalistes et militants des droits de l’Homme tunisiens, saoudiens et syriens ont été empêchés de se rendre au Liban pour participer à un forum de presse, a dénoncé vendredi l’Association mondiale des journaux (AMJ).

En Tunisie, la police de l’air a empêché mercredi le journaliste Lotfi Hidouri et l’avocat des droits de l’homme et écrivain Mohamed Abbou d’embarquer sur un vol à destination de Beyrouth, où la conférence de deux jours commence vendredi. M. Hidouri a été placé en détention, et était encore apparemment détenu jeudi soir, alors que M. Abbou a été autorisé à rentrer chez lui. L’AMJ a appelé à la libération immédiate de M. Hidouri.

Dix ans de prison ferme pour les meneurs de manifestations à Gafsa

Mohieddine Cherbib, coordinateur d’un comité de soutien des habitants de Gafsa en France, a été condamné par défaut à deux ans de prison, tandis que l’opposant Fahem Boukaddous, correspondant de la chaîne dissidente Al-Hiwar émettant d’Italie, a été condamné, lui aussi par défaut, à six ans de prison, selon leur avocat joint par téléphone à Gafsa.

Pour la défense, ce procès, ouvert le 4 décembre et suivi par deux avocats et deux syndicalistes français, constitue une “parodie de justice”. Me Mokhtar Trifi, président de la Ligue de défense des droits de l’homme, affirme que des “prévenus n’ont pas été interrogés”, que “les avocats n’ont pas plaidé”, et que “le verdict a été prononcé à la sauvette au milieu d’une salle remplie de policiers”.

Selon un autre avocat, Me Chokri Belaid, “les prévenus ont été molestés et évacués de la salle, l’audience à été interrompue pendant plusieurs heures avant une annonce surprise et irrégulière du verdict en pleine nuit”.

Malgré les demandes de la défense, le président du tribunal a refusé des expertises médicales pour des détenus se disant victimes de torture, ainsi que la citation de plusieurs témoins. La source judiciaire citée par l’AFP affirme, elle, que “certains des avocats de la défense ont affiché leur hostilité au respect de la procédure (…), s’opposant à la poursuite normale de l’examen du dossier”.

Tunisie: dix ans de prison pour les meneurs du mouvement social de Gafsa

 

TUNIS – Six dirigeants du mouvement de protestation sociale dans la région minière de Gafsa (350 km de Tunis) ont été condamnés à dix ans de prison ferme par le tribunal de première instance de cette ville du sud-ouest tunisien, apprend-on de source judiciaire et auprès de la défense.

 

Ce tribunal a rendu son verdict dans la nuit de jeudi à vendredi à l’issue de la deuxième audience au procès de trente-huit Tunisiens poursuivis pour leur implication dans les troubles ayant nécessité une intervention de l’armée suite à la mort par balles le 6 juin d’un manifestant à Redeyef, principal théâtre des manifestations sociales sur fond de chômage.

 

Selon le verdict annoncé par une source judiciaire à Tunis, le tribunal a “décidé la relaxe de cinq des prévenus, condamnant les autres à des peines allant de deux ans d’emprisonnement avec sursis à dix ans d’emprisonnement ferme”.

 

Les prévenus ont été reconnus coupables “d’entente criminelle portant atteinte aux personnes et aux biens et rébellion armée commise par plus de dix personnes au cours de laquelle des voies de faits ont été exercées sur des fonctionnaires dans l’exercice de leur fonction”, a-t-on indiqué de source judiciaire.

 

(©AFP / 12 décembre 2008 00h46) 

 

Portrait de la semaine: Borhane Bsaies, le talent au service de la fourberie

 

Borhane Bsaies, Journaliste chroniqueur au quotidien tunisien “Assabah”)

 

Pour le portail tunisien Babnet :

 

Très bon orateur et un communicateur doué, Borhane Bsaies se distingue par rapport à tous les autres laudateurs, thuriféraire… par sa supériorité intellectuelle, la perspicacité de ses analyses et surtout par sa capacité de tenir des propos fort convaincants. Là où tous les autres se contentent de reproduire un discours fait d’une langue de bois ennuyante, redondante et exaspérante à outrance, lui il est capable de paraître tenir un discours révoltant et révolté tout en usant, cependant, de la même langue que ces derniers (…)

 

Pour le site d’info satirique Backchich, cet enseignant en « éducation civique » est devenu le porte parole du palais de Carthage.

 

C’est lui qu’Al Jazeera invite, de plus en plus systématiquement, pour défendre les positions de Carthage. Bsaies, à qui même ses adversaires reconnaissent une certaine intelligence et un talent de tribun, défend le régime tunisien bec et ongles. Pourvu d’un incroyable culot et d’une bonne dose de mauvaise foi, il donne la réplique aux « vendus » (lire les opposants) et apporte la bonne parole du palais présidentiel.

 

Étonnamment pour le portail tunisien, ils ont apparemment plagié ce paragraphe et l’ont publié sans en saisir la subtilité et l’ironie!!!

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