Cet article a été publié sur AgoraVox
Passé l’émotion et l’indignation, il faut parfois tenter de raisonner avec un peu de sang froid et de réalisme sur les situations les plus dramatiques. Comme toujours dans ce genre de situation, les torts ne peuvent être unilatéraux. Les responsabilités sont souvent partagées.
Toutefois, la stratégie de l’État hébreux laisse parfois perplexe. Comment peut-il espérer trouver la sécurité en alimentant encore la spirale de la violence et de la haine? Si le Hamas est coupable de refuser la reconduite de la trêve, c’est qu’il y a aussi des raisons à cela. Contrairement au message qu’a cherché à véhiculer Israël, l’accord de la trêve n’était pas simplement un cessez-le feu. Il s’agissait d’une trêve en 3 points : un cessez le feu, l’ouverture des passages et la fin du siège de la bande de Gaza, l’extension de la trêve à la Cisjordanie. Israël n’ayant pas respecté ses engagements, le Hamas a toutes les raisons de ne pas renouveler la trêve.
Le Hamas est dans une impasse. Acquiescer aux demandes d’Israël serait tout simplement politiquement suicidaire. Il est préférable de jouer la carte contestataire du mouvement de résistance quitte à ce que ce calcul cynique coûte cher en vies humaines civiles.
Pour Israël, les risques d’un scénario semblable à celui de la guerre de 2006 au Liban sont grands. Après d’apparents gains militaires, cette « malheureuse aventure » s’est soldée par un renforcement politique et militaire du Hezbollah. Si comme en 2006 au Liban, l’armée israélienne tente une incursion de blindée dans la bande de Gaza, les conséquences seraient cependant autrement plus graves en nombre de pertes de vies humaines quand on connaît la forte densité de population de la bande de Gaza.
Si le carnage continue et s’aggrave, la stabilité de la région sera encore une fois mise à dure épreuve. Évidemment, les capitales arabes n’aligneront probablement pas leurs troupes pour la défense des Palestiniens de Gaza; l’intervention militaire est à écarter, comme en témoigne le silence assourdissant de leurs « leaders ». Néanmoins, Israël s’expose à ranimer toujours plus grande la flamme du ressentiment capable d’insuffler sur les esprits les plus échauffés les vocations kamikazes en territoire israélien et même dans les pays voisins accusés de passivité voire de trahison.
Une fois encore, Israël entretient l’illusion qu’elle peut obtenir des gains militaires viables capables d’assurer la paix et la sécurité quand on sait que la solution ne peut être que politique.
Le ciel s’assombrit encore sur cette Terre… Sainte… ou maudite…au choix du lecteur !
Cet article a été publié sur AgoraVox et repris sur Yahoo! France Actualités
Samuel Huntington vient de mourir le 24 décembre dernier. Ce professeur de science politique, qui a enseigné à Harvard pendant près de 58 ans, s’était surtout fait connaître par la théorie du « choc des civilisations » exposée pour la première fois en 1993 dans un article de Foreign Affairs.
Pour Huntington, la scène internationale de l’après-guerre froide devait être le théâtre de conflits violents, non plus entre États-Nations mais entre civilisations. Parmi les 7 ou 8 civilisations mondiales qu’il identifiait, Huntington prévoyait notamment que la civilisation occidentale et la civilisation islamique seraient inéluctablement amenées à s’affronter.
Rien de surprenant dès lors, que cette théorie ait connue un succès considérable dans l’après 9/11.
J’ai toujours cependant gardé mes réserves quant à cette théorie dont les prémisses me semblent erronées sinon fallacieuses. Ainsi la théorie de Huntington me semble problématique car elle se fonde sur une idée fausse de ce que serait la/les civilisation(s). Pour Huntington, les droits de l’homme, la démocratie sont des valeurs exclusivement occidentales que ne peuvent connaître les autres civilisations. Prétendre à l’universalisme, n’est qu’une forme d’impérialisme. Islam et démocratie serait ainsi fondamentalement antinomiques.
Il n’est pas facile de rivaliser avec le pouvoir simplificateur d’une théorie qui décrit un monde fait de blocs et d’entités distinctes, aux différences irréconciliables et indépassables, où l’Autre, est cet inconnu avec qui l’on ne croit rien pouvoir partager pas même de prétendues valeurs universelles.
Il est plus difficile pour la thèse adverse de se faire entendre car elle doit faire admettre un monde infiniment plus complexe où chaque entité est tout sauf un bloc monolithique, où les identités sont multiples presque insaisissables jamais définitives. De qui et de quoi parlait Huntington quand il pensait décrire le monde islamique comme une civilisation ? Son échantillon comprenait-il 500 Indonésiens, 200 Pakistanais, 100 Algériens, 50 Bosniaques ? Il semblait ignorait la complexité, la diversité et les dynamiques internes de ce qu’il croyait être des blocs.
Et, dans cette guerre des civilisations que nous promettait Huntington et que certains ont cru reconnaître dans le monde de l’après 11 septembre, le danger n’est pas tant cet Islam rétif aux valeurs occidentales que l’alliance objective entre les faucons de l’ancienne administration Bush et les islamistes de la sous-traitance Al-Quaediste.
La civilisation telle que semblait la comprendre Huntington inscrit les individus dans des identités éternelles, indélébiles, impérissables, des prisons indépassables. Il me semble au contraire que la mondialisation, les progrès de la communication, les migrations, et les échanges au sens large du terme (qui sont aussi vieux que le monde et qui n’ont pas débuté avec ce que l’on appelle la globalisation) anéantissent cette vision de la civilisation immuable. Les individus et les communautés humaines sont gardiens, il est vrai, de patrimoine et de valeurs, mais ceux-ci sont plutôt qu’une chasse-gardée, le fruit d’un savant mélange entre traditions et incorporations de ce qui vient d’ailleurs.
Autrement dit, la théorie de Huntington bien que séduisante me semble décrire bien plus le choc des ignorances que le choc des civilisations.
Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a critiqué dimanche l’attitude des leaders arabes face aux raids israéliens à Gaza. “Ces gens-là devraient avoir honte d’eux-mêmes. Ils n’arrêtent pas de parler de la cause palestinienne mais leur attitude n’est que lâcheté, faiblesse et soumission“, a-t-il déclaré samedi soir. “L’un propose une initiative (de paix). Un autre propose une aide humanitaire, ce qui n’engage à rien. Le suivant fait un discours et un autre veut d’urgence un sommet arabe…” En réponse aux attaques israéliennes sur Gaza, il a exhorté les pays arabes à se désolidariser de l’initiative de paix au Proche-Orient parrainée par l’Arabie saoudite. “Ce n’est pas une initiative arabe, c’est une conspiration arabe“, a-t-il affirmé.

1. Si je suis cynique : le président tunisien n’a pas besoin de ce genre de subterfuge pour sortir largement gagnant des urnes.
2. Si je suis ironique : la politique tunisienne peut-elle être comparée à la politique française et américaine?
3. Si je suis réaliste : qui les partisans du RCD affronteraient-ils sur la toile? A part les quelques opposants qui ont le courage de s’exprimer ouvertement, la grande majorité des internautes tunisiens (et je m’y inclus), préfèrent se fondre dans l’anonymat par peur de représailles.
4. Si je suis optimiste : l’opération séduction auprès des jeunes tunisiens me semble compromise dans la mesure où la blogosphère tunisienne, apparait rétive aux messages lénifiants d’un système politique verrouillé. Pour preuve, le succès de la note Blanche du 25 décembre 2008.
Caricature : DebaTunisie
Quelles sont les causes de cette crise économique ? Les journalistes du Groland ont enquêté et sont revenus avec un reportage à charge !
Réfléchissant aux stratégies de communication que pourrait développer le pouvoir de Carthage, je me demandais comment cela se faisait, qu’il n’y avait pas de bloggeurs se déclarant officiellement, soutien du RCD et du président Ben Ali.
Dans mon raisonnement, un (des) blogueur(s) authentiquement engagé(s) aux côtés du RCD pour faire entendre la voix du pouvoir, aurait(ent) été la meilleure preuve que nous sommes bel et bien dans un système ouvert au dialogue et au débat d’idées; cela aurait démontré l’absurdité des propos tenus par les éternels râleurs, « perturbateurs » et fauteurs de troubles de la blogosphère. Une telle option étant clairement préférable à celle de la censure de toutes voix dissidentes….
Mais pouvait-on réellement penser les RCDistes capables de tant de subtilité et d’imagination? Pas vraiment… certains semblent avoir compris que le blog pouvait servir d’outil de communication redoutable, mais en l’adaptant à la sauce du «changement», ils lui ont fait perdre toute sa puissance de « contre-feu »….
Pratiquer assidûment le « copier-coller » de discours officiels (jusqu’à 10 posts de plusieurs dizaines de lignes par jour) ne permet aucunement de se différencier de la langue de bois lénifiante des canaux médiatiques traditionnels. Le blog n’est ni plus ni moins qu’un vulgaire outil de propagande classique qui s’ajoute à la panoplie sans en révolutionner le discours ou sa méthode de diffusion.
Pour les arabophones, vous pouvez lire le billet de Tarek Kahlaoui.

Cela semblera probablement dérisoire à côté d’autres droits fondamentaux outrageusement bafoués…mais puisque j’ose m’exprimer librement dans ce blog, je ne me tairai pas sur ce sujet qui a le don de m’agacer.
Aujourd’hui même, j’ai pu constater, et cela à deux reprises, avec colère et indignation comment certains Tunisiens se vautrent dans le plagiat ou ne s’embarrassent guère des questions de droits d’auteurs.
Peut être rien d’étonnant dans un système gangréné par la corruption, le mensonge et l’hypocrisie sociale; la malhonnêteté intellectuelle et le vol du travail d’autrui font sans doute partie du lot. Pareil contexte, ajoute encore (s’il en fallait) un argument aux scientifiques et entrepreneurs tunisiens de la diaspora qui n’envisagent pas un retour au pays.
Pour une seule journée cela fait beaucoup.
J’ai bien conscience que ces deux malheureuses anecdotes ne sont sans doute pas grand-chose à côté d’autres malversations aux conséquences autrement plus dommageables, mais j’y vois un énième symptôme de cette « Tunisie Malade » où les valeurs du travail et de l’effort ne sont pas assez récompensées et où les vautours sont toujours prêts à sauter sur le moindre bout de viande aussi maigre soit-il…