Antoine Sfeïr : le meilleur agent de communication de Ben Ali

Dans une interview accordée à la « Pravda tunisienne » La Presse (ici), Antoine Sfeïr ne tarit pas d’éloge sur la Tunisie et surtout la clairvoyance de son président. Rien de véritablement surprenant de la part de l’auteur du « chier d’œuvre »: Tunisie, terre de paradoxes (ici) paru en 2006.

Voici quelques extraits de l’interview qui démontrent combien le politologue franco-libanais est habile dans le maniement de la brosse à reluire :

Comment jugez-vous le rôle de la Tunisie dans l’évolution des relations au sein du bassin méditerranéen ?

D’abord, politiquement, la Tunisie est devenue, contre vents et marées, une sorte de pont qui relie des gens qui ne se parlent pas. On l’a déjà vu lors du processus du 5 + 5. On le voit, aujourd’hui d’une manière très nette entre les pays du Maghreb et du Machreq de la rive sud d’un côté et ceux de la rive nord de l’autre. Économiquement, ensuite, et étant donné la présence de plus en plus accrue d’entreprises européennes, notamment françaises — 2300 sur les 3000 existantes —, la Tunisie peut devenir une base de ré-exportation ? partir du pays vers le reste de la région méditerranéenne.

C’est un rôle qui lui permet d’occuper, plus qu’une position. Je dirais que cette posture a été acquise grâce, essentiellement, à l’approche du Président Ben Ali qui a cherché à parler et à communiquer avec tous. Le tout sans trop faire de publicité ni de tapage autour de son propre rôle alors qu’il pouvait le faire. Mais il a eu le mérite de privilégier, plutôt, l’être sur le paraître.

Oui c’est sûr, la Tunisie, contrairement à d’autres, ne peut pas se targuer d’avoir un président bling bling. Lui et les siens préfèrent s’enfermer dans son palais de Carthage (ici et ). La discrétion est son maître mot. D’ailleurs les médias tunisiens démentent rarement ce fait. Lisez donc La Presse et vous verrez …

Croyez-vous qu’il s’agit-là d’une reconnaissance du modèle tunisien ?

Oui, je le crois. J’en suis même persuadé. Avant 2001, la Tunisie était une cible trop facile pour certains. Après 2001, elle a commencé à intriguer et à susciter l’intérêt des gens qui venaient constater de visu ce qui se passe dans le pays. Aujourd’hui, avec cette posture affirmée et ses convictions déclarées, non seulement au sein du bassin méditerranéen, mais aussi sur la scène internationale — n’oublions pas que le Fonds mondial de solidarité est une initiative bien tunisienne adoptée à l’unanimité par l’ONU — il y a une reconnaissance, ? la fois, des opinions publiques et des gouvernements qui voient en la Tunisie un modèle à tous les niveaux, à savoir du Chef de l’Etat, du gouvernement et du peuple tunisien dans son ensemble.

La corruption et le népotisme constituant notamment les deux piliers de ce fameux modèle (ici).

Je tiens à souligner que le modèle tunisien n’est pas uniquement celui de passerelle, mais aussi un modèle de non-fracture sociale au sein de la société tunisienne. Cette fracture qui ébranle, aujourd’hui, les sociétés européennes dans les pays les plus avancés et les plus riches. Or, sans richesse, la Tunisie a réussi ? réduire ladite fracture grâce à des programmes adéquats et à des initiatives répétées du Chef de l’Etat.
Certainement le meilleur passage de cet entretien! Les événements de Redeyef ne sont certainement le fait que de quelques éléments perturbateurs (ici et ) et n’illustrent nullement le malaise social ambiant. Les disparités de richesse croissantes et l’inflation des prix des biens de consommation courants épargnent la Tunisie, petit paradis sur terre où le Raïs veille et pourvoit aux besoins de tous grâce au racket organisé du 26-26.
Comment est perçue, justement, selon vous, cette réussite du modèle tunisien en Europe ?
Les visiteurs de la Tunisie, notamment les personnes âgées, viennent d’Europe admirer le climat de quiétude, de paix, de stabilité et de sécurité, et par voie de conséquence, y passer des jours paisibles. Les intellectuels y voient, pour leur part, un exemple de réussite dans la mesure où la classe moyenne est érigée et générée par le système qui a favorisé la généralisation de l’enseignement et de l’éducation et l’accès au savoir pour tous.
Or, tout le monde sait que l’émergence d’une éventuelle opposition a lieu au sein de cette classe moyenne et parmi les intellectuels. Mais, un cas rare en son genre, la Tunisie a tout fait pour élargir la base de cette classe.
Et mieux faire taire cette opposition démocratique naissante, laissant des classes toujours plus nombreuses de jeunes diplômés rejoindre les rangs déjà fournis de chômeurs désabusés et aigris par le système qui ne rêvent que de Harka (émigration) (ici, ici et ) ou ? qui il ne reste que les stades de football comme exutoire ? leurs frustrations (ici et ).

D’ailleurs les Nations Unies viennent de reconnaître les grands progrès réalisés en matière de droits de l’Homme et, lors de sa récente réunion, la commission ad hoc de l’ONU vient de le confirmer. Ceci prouve, si besoin est, que les choses bougent et avancent dans le bon sens. Et cela donne des résultats tangibles.
Des résultats tout à fait tangibles et manifestes, notamment pour la blogosphère et ceux qui sont tombés sous les coups de serpe du fameux Ammar 404 (ici). Sans parler de tous ces autres que l’on veut faire taire…

Reste que les irréductibles dogmatiques ne veulent pas reconnaître qu’ils ont eu et ont tort.
Blogueurs qui entendez bloguer le 1er juillet pour la liberté d’expression (ici), vous faites certainement partie des cyniques et dogmatiques ici pointés du doigt par le très sérieux Antoine Sfeïr !

 

Le rêve tunisien est bel et bien une réalité (3)

Le rêve américain n’a qu’à bien se tenir, bientôt on parlera plutôt du rêve tunisien…Après l’autodidacte, devenu l’un des plus grands hommes d’affaires en Tunisie et honoré par le président de la république (ici), après le jeune entrepreneur, dynamique et visionnaire (ici, ici et ), voici un troisième exemple qui me confirme que le rêve tunisien est bel et bien une réalité.
Le neveu de Leila Ben Ali (ici), première dame de Tunisie, âgé de 34 ans et qui ne possédait rien le jour de l’accès au pouvoir de sa tante, il y a 20 ans, est aujourd’hui à la tête d’une holding. La Med Business Holding contrôle pas moins de 10 sociétés dans la promotion immobilière, la distribution des matériaux de construction, jusqu’au secteur agricole. Récemment, il vient d’acquérir une propriété à Mornag de 100 hectares (voir détails ici).
L’ascenseur social en Tunisie est supersonique. De quoi donc se plaignent ces jeunes « perturbateurs » de la région de Redeyef (ici)? Ils n’ont qu’à montrer davantage d’ambition et d’ardeur à la tâche et prendre leur destin en main.
Nb : message destiné uniquement à ceux qui comprennent le deuxième, voire le troisième degré, mais qui, je l’espère, sera lu au premier degré par Ammar 404 (ici).

Médias français et visite de Sarkozy en Tunisie : Bas les masques!!!

Mouldi Mbarek, le rédacteur et désinformateur en chef attitré du journal tunisien La Presse (ici), signe avec cet édito fascinant un petit bijou de propagande… A décortiquer tellement c’est bien ficelé…

A lire certains médias français ayant prétendu couvrir la visite d’Etat du Président Nicolas Sarkozy en Tunisie, on s’interroge effectivement si, au nom des nobles et sacrées causes de la liberté d’expression et des droits de l’Homme, on se place en dehors de la loi.En effet, non seulement ces médias font fi de la déontologie journalistique qui exige qu’on écoute toutes les parties concernées pour que l’information soit impartiale, mais ils semblent nous dicter de nouvelles règles d’un ancien ordre colonial que nous avons cru avoir enterré. (Il faudrait justement que l’auteur révise sa définition de la déontologie journalistique : que je sache, le léchage de cul officiel n’en fait pas partie !)

Il est vrai que dans le subconscient de certains esprits rêveurs d’un ordre anachronique révolu, le développement et le progrès sont exclusivement réservés ? une certaine race. (Justement, il eut fallu s’indigner devant les déclarations de Sarkozy et sa vision de nous faire ressortir les vieux arguments du néocolonialisme et du racisme quand on ose sortir des panégyriques lénifiants, c’est foncièrement malhonnête)

Toutefois, cette fixation haineuse sur la Tunisie (Faut pas exagérer non plus, la Tunisie est loin d’être le nombril de l’actualité française ces jours derniers) dépasse l’imaginaire puisque ces médias non seulement refusent de voir notre pays se développer, progresser et se moderniser (Tout simplement faux, la quasi-totalité des papiers et reportages tentent de mettre en balance le développement économique, les droits des femmes et de l’autre l’immaturité politique du régime tunisien) mais ils veulent nous imposer de nouvelles règles internationales visant à porter préjudice à l’honneur des uns et des autres et ? accuser les Etats et les institutions sans que ces accusés ne puissent se défendre (non sans rire, l’État est une victime).

Ces médias préfèrent, au nom des droits de l’Homme et de la société civile, que les extrémistes tunisiens (tiens, c’est marrant, on dirait que le modèle chinois inspire aussi dans le registre linguistique!) de tous bords ne représentent que virtuellement en tant que fonds de commerce, instrumentaliser ces pseudo-militants pour, bien entendu, laisser croire à leur opinion que la Tunisie viole les droits de l’Homme.


Ces médias français, qui respectent pourtant la ligne éditoriale de leurs organes, veulent même imposer à certains journaux tunisiens leur ligne éditoriale, comme si tous les journaux français suivaient la même ligne. (Justement, les journaux tunisiens reflètent parfaitement la diversité d’opinion en Tunisie : Certains vantent la clairvoyance du Président pour les avancées sociales que la Tunisie connaît depuis le Changement, les autres remercient le Rais pour le développement économique miraculeux, et enfin, une dernière catégorie louent sa bienveillance à l’égard du pluralisme politique : bref de la vraie diversité dans les lignes éditoriales)En voulant s’ériger en donneurs de leçons et de nouvelles règles à suivre pour les Tunisiens, ces médias, manipulés par des forces sournoises et un petit réseau gauchiste très actif pour déstabiliser les pays arabes et à leur tête les pays ayant réussi à émerger, (Ahh la fameuse et incontournable théorie du complot… (les forces sournoises ??!!) pour un peu on lirait presque là un dérapage antisémite… les médias français étant évidemment détenus par des juifs prosionistes…) perdent de vue que les Tunisiens acceptent certes toutes les critiques mais savent séparer le bon grain de l’ivraie. Le masque de ces médias est tombé.

Les Tunisiens ont appris avec le Président Ben Ali à compter sur eux-mêmes pour forger leur destin (Tu m’étonnes….il vaut mieux savoir se débrouiller vu comme le système est verrouillé et gangréné; les Tunisiens sont des vrais débrouillard car on ne pas vraiment faire confiance aux institutions), marcher la tête haute et refuser toute ingérence dans leurs affaires intérieures que eux seuls peuvent négocier, réformer ou parfaire. Il y va de la souveraineté et de l’invulnérabilité de la mère patrie.

Signalons enfin que, fort heureusement, ces médias sont loin de représenter la France profonde, son peuple et ses gouvernants qui vouent à la Tunisie, à son leadership politique et ? son modèle de développement estime, considération et grande amitié. La visite d’Etat que vient d’effectuer le Président français, Nicolas Sarkozy, en a été une illustration édifiante.

Visite de Sarkozy en Tunisie : le spectre du racisme a-t-il encore frappé ?

Décidément les déclarations de Nicolas Sarkozy sur le sol africain ont de quoi interroger. Voici qu’à l’occasion de son voyage officiel en Tunisie, le Président de la République a laissé percevoir sa conception du partenariat Nord-Sud : « Vous avez une main d’œuvre qui ne demande qu’? être formée, nous avons beaucoup d’intelligence et beaucoup de formation (…) ».
 
Cela n’est pas sans rappeler son discours du 26 juillet 2007 à l’université de Dakar où il avait en effet brossé un portrait très singulier pour ne pas dire stéréotypé, voire totalement raciste de l’homme africain : « le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain [.] dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine ni pour l’idée de progrès. Dans cet univers où la nature commande tout, [ il ] reste immobile au milieu d’un ordre immuable où tout semble être écrit d’avance. Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin
 
Donner à l’Africain la possibilité de jouir de la connaissance et de l’intelligence européenne et occidentale; ne serait-ce pas là la version réactualisée du «fardeau de l’homme blanc» ?
 
Il faudrait pourtant rappeler à Monsieur Le Président que le drame de l’Afrique, et de la Tunisie en particulier, c’est :
 
- Tous ces jeunes diplômés qui ne parviennent pas à s’insérer dans un marché de l’emploi souvent sclérosé par les règles iniques du népotisme dans un système économique opaque et pas aussi florissant que les apparences semblent le faire croire et où les initiatives entrepreneuriales sont fréquemment entravées, voire annihilées par les appétits voraces de quelques charognards.
 
- Tous ces « cerveaux » qui faute d’espérance en l’avenir et désabusés par un régime corrompu et narcissique préfèrent la douleur de l’exil à l’absence de perspectives.
 
Et si « l’espace des libertés progresse en Tunisie », il eut été bon de préciser dans quels domaines car, non pas les observateurs, mais les Tunisiens eux-mêmes cherchent encore. Et quant à Rama Yade à Quoi sert-elle, si ce n’est assumer un rôle de figuration et faire croire que la représentativité de la diversité serait une réalité…?

Visite de Sarkozy en Tunisie: Bertrand Delanoë, où étais-tu ?

Dans le sillage de Sarkozy, plusieurs Français d’origine tunisienne ont fait le voyage jusqu’au pays du jasmin. Bertrand Delanoë que l’on avait un temps annoncé dans la délégation n’a finalement pas fait parti du voyage. Le maire de Paris aurait-il été soudain pris de remords à On en doute…
 
Celui que l’on connaît comme un grand défenseur des droits de l’homme au Tibet, celui qui a fait du DaLaï Lama, citoyen d’honneur de la Ville de Paris, est tout à coup moins prolixe quand il s’agit des droits des Tunisiens… Toujours aveuglé par la douceur nostalgique de ses souvenirs d’enfance à Bizerte, Bertrand Delanoë n’est pas aussi prompt ? compromettre ses vacances et ses amitiés tunisiennes pour quelques déclarations politiciennes. Belle leçon de politique : Delanoë, ou l’indignation morale pragmatique et de circonstances !

Visite de Sarkozy en Tunisie: Leïla, où étais-tu ?

Sarkozy a donc entamé ce lundi sa visite en Tunisie. Nicolas et Carla ont goûté au plaisir de se faire acclamer par la liesse populaire lors de leur descente de l’avenue Bourguiba (ici). La foule des Tunisois en délire, chamarrée de rouge et blanc, n’a pas fait mentir le légendaire accueil tunisien si chaleureux et si festif, si bien orchestré, si bien mis en scène.
 
Le chef de l’État tunisien semblait cependant bien seul auprès du couple radieux et ravi. Mais tous se demandent où était Leïla, la première dame ? A t’elle eu peur de faire pâle figure aux côtés de celle qui depuis son voyage officiel à Londres passe dans le monde diplomatique pour la classe incarnée? Jalouserait-elle sa beauté ? Y aurait-il de l’eau dans le gaz chez les locataires du Palais de Carthage ? A t’elle craint que son époux s’inspire de son homologue français et envisage de convoler en juste noces pour une troisième fois ?
 
Cela ne sont que des affabulations de mauvaises langues, car la véritable raison la voilà : Madame, La Présidente, que l’on sait très pieuse, a tout simplement respecté le deuil dans le quel la disparition de sa mère l’a plongée, il y a très exactement une semaine.

Tunisie : non il ne se représentera pas en 2009

Malgré les appels et les soutiens des diverses “associations” de Tunisie, les “patrons” de Tunisie, les “mères” de Tunisie (ici), les “supporters des équipes de football” (ici), les coiffeurs et coiffeuses de Tunisie (ici) exhortant le Président tunisien à se représenter pour les élections présidentielles de 2009, ce dernier vient d’annoncer, via un communiqué émis en fin de soirée (voir lien en bas du post)* son intention de ne pas se présenter pour le scrutin de 2009.

Après plus de 20 ans de loyaux services, le président tunisien affirme vouloir respecter le pluralisme et organiser des élections libres et démocratiques. Le chef de l’État entend montrer au monde entier que la Tunisie est prête pour l’alternance.

La récente annonce d’un assouplissement des conditions de candidature lors d’un discours présidentiel au Palais de Carthage à l’occasion du 52ème anniversaire de l’indépendance prend donc tout sens : “Nous inclurons dans le projet d’amendement, et à titre exceptionnel, pour la prochaine élection présidentielle de 2009, la possibilité de dépôt de candidature à la présidence de la république du premier responsable de chaque parti”, a-t-il déclaré (ici).

* Communiqué

Pèlerinage à la Mecque et expiation des péchés

Le pèlerinage possède une faveur, celui d’être une expiation pour les grands péchés comme pour les petits péchés conformément à sa parole : “Quiconque accomplit le pèlerinage pour l’amour de Dieu et s’abstient de toutes relations sexuelles avec son épouse, et ne fait pas de mal et ne commet pas de péchés, alors il retournera chez lui [après le pèlerinage sans péchés] comme s’il était à nouveau né.” (Sahih Al-Boukhari, Volume 2, livre 26, numéro 596)

D’après Bakchich (ici), Leila Ben Ali, l’épouse du président tunisien, a de nouveau accompli, en décembre, son devoir de croyante, le pèlerinage de la Mecque, avant de s’envoler pour Las Vegas, Sin City, la ville de tous les péchés!!!Source

Allocution de la semaine : droits de l’homme en Tunisie

Extraits de l’allocution du Président Ben Ali à l’occasion du 59ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme (ici) :
Les droits de l’Homme constituent un tout indivisible et qu’il ne peut y avoir de prééminence entre les différentes catégories de ces droits, ni de discrimination au profit de l’un quelconque de ces droits au détriment des autres, dès lors que l’Homme a été toujours placé au centre des préoccupations et constitue la finalité ultime des réformes en Tunisie“.

Nul ne peut croire qu’il puisse, de par sa position sociale, son appartenance politique, son activité professionnelle ou son action associative, posséder une quelconque couverture ou immunité qui le mette hors d’atteinte de la loi ou lui donne le droit de se dérober ? ses responsabilités en cas d’infraction ou de délit“.


Parallèlement, Amnesty International a lancé une pétition en faveur des défenseurs des droits humains en Tunisie (ici) dont voici le texte :

Monsieur le Président,
 
Lorsqu’ils ne sont pas arrêtés arbitrairement, puis emprisonnés, ces militants de la société civile font l’objet de menaces, de harcèlements, d’intimidations, ou autres restrictions dont le but évident est de les empêcher de mener ? bien leurs activités.

Aussi, je vous demande instamment, Monsieur le Président, de reconnaître publiquement le caractère légitime du travail des défenseurs des droits humains dans votre pays et d’accorder un statut légal à leurs organisations, de garantir leur sécurité, de mettre fin aux violations de leurs droits et, quand elles se produisent, de faire en sorte que les auteurs soient traduits en justice.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération.

Amnesty International est très préoccupée par le fait que, neuf ans après son adoption, la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’Homme ne soit toujours pas respectée en Tunisie.

Je voudrais attirer votre attention sur les atteintes systématiques aux droits fondamentaux des défenseurs des droits humains dans votre pays.

Revue de presse : 20 ans déjà !

Libération : Tunisie : Ubu roi a 20 ans

Vingt ans que le pays se fige dans une dictature qui ne veut pas dire son nom, en totale contradiction avec l’image que souhaite se donner ce président hors normes, celle de «chantre de la démocratisation du pays».

On y a tous cru. Ben Ali, c’était le sauveur. Le 7 novembre 1987, je me suis dit : “Quel que soit le régime à venir, on va respirer !” On n’en pouvait plus de trente ans de bourguibisme. L’arrivée de Ben Ali, ça a constitué un formidable espoir !” Il s’arrête, fouille dans ses souvenirs, puis reprend : “On a assez vite déchanté. La réalité ne collait pas avec les engagements. Au début, on s’est rassurés en se disant qu’il y avait des tiraillements au sein du pouvoir. Puis il y a eu les arrestations des islamistes. Puis le musellement de la gauche, puis de tous les démocrates. Et ça n’a jamais cessé…”

Si la peur recule au fur et à mesure que le mécontentement grandit, la prudence reste la règle. On se méfie toujours du voisin et des innombrables indicateurs. La population est de plus en plus caustique à l’égard du clan au pouvoir – en particulier la famille Trabelsi, du nom de l’épouse du chef de l’Etat, accusée de piller le pays -, mais elle est paralysée par un sentiment d’impuissance. “On en a tous marre ! Mais que peut-on faire ?”, soupirent les gens, accablés par ce qui se prépare.

AFP : La torture en Tunisie, “base du système Ben Ali”, dénoncent des associations

“La torture a toujours existé en Tunisie, mais elle est devenue quasiment systématique, c’est une des bases du système de M. Ben Ali”, a dénoncé Kamel Jendoubi, président du Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT), lors d’une conférence de presse organisée à la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) à Paris.
 
“Cela se passe dans les locaux du ministère de l’Intérieur, dans tous les postes de police de Tunisie, dans les prisons. La torture est présente à toutes les étapes, de l’arrestation à la fin de l’incarcération”, a renchéri l’avocate Radhia Nasraoui, présidente de l’Association de lutte contre la torture en Tunisie (ALTT).

Le Monde : L’ombre de Bourguiba
 
Longtemps, il a été mal vu, en Tunisie, d’évoquer le nom et les faits d’armes de Bourguiba. Le président Ben Ali, baptisé “l’Artisan du changement” par la presse officielle, semblait en prendre ombrage. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les Tunisiens parlent librement de celui qui a projeté leur pays dans l’ère moderne et lui a donné une aura internationale.

Ils n’ont pas oublié que, dès 1957, au lendemain de l’indépendance, Bourguiba a accordé aux femmes le droit de vote et l’éligibilité, puis interdit la répudiation et la polygamie. Aujourd’hui encore, les Tunisiennes bénéficient d’un statut inégalé dans le monde arabo-musulman, le président Ben Ali ayant poursuivi la politique de son prédécesseur. Si les jeunes sont assez indifférents ? Bourguiba, leurs aînés ont tendance à idéaliser le passé. “Les dernières années de règne de Bourguiba ont été pénibles et inquiétantes. L’homme avait du coup beaucoup perdu de son prestige, explique Hassine Dimassi, universitaire. Aujourd’hui, il est un personnage de légende, tant les Tunisiens sont déçus par le pouvoir actuel.”

Le nom de Bourguiba revient souvent, en effet, dans les conversations. On oublie son despotisme et ses incohérences de fin de parcours pour mieux souligner ce qui était, dit-on, “sa qualité première” : la probité. “Il est parti sans se remplir les poches”, entend-on dire partout. Sous-entendu : “On ne peut en dire autant de la famille de Ben Ali”, accusée de tous côtés de “s’infiltrer, de grignoter, de s’imposer” dès qu’il y a de l’argent ? gagner en Tunisie.-

La Tribune : RSF dénonce la censure en Tunisie

RSF, qui considère le président Ben Ali comme l’un des 34 prédateurs de la liberté de la presse dans le monde, souligne qu’après une “décrispation” durant ses premières années de pouvoir, le début des années 90 -et notamment la guerre du Golfe- a sonné le glas du pluralisme et de la liberté d’expression en Tunisie.

En vingt ans, M. Ben Ali “a placé sous tutelle tous les contre-pouvoirs, à commencer par la presse et la justice”. “Au cours de cette période, au moins 48 publications ont été visées par des mesures de censure (saisie, suspension, fermeture, etc).”

Vingt ans plus tard, les propos sont amers. Si les Tunisiens admettent, du bout des lèvres, que le pays s’est développé et que le niveau de vie a augmenté, ils expriment, pour la plupart, mal-être et frustration. La Tunisie d’aujourd’hui, c’est le pays des illusions perdues. Coupés de la population, les touristes qui se bronzent sur les plages de Mahdia et Monastir sont loin de pouvoir l’imaginer.

Depuis vingt ans, le verrouillage de la société tunisienne est tel que plus aucun corps n’ose ou ne peut désormais contester le régime.

Malheureusement, il s’agit bien ici d’un pays réel où les acteurs paient au quotidien le délire paranoïaque d’un pouvoir absolu. Autrefois proposée comme modèle progressiste dans le monde arabo-musulman, la Tunisie est devenue un pays monolithique et corrompu.

Le Monde : La Tunisie des illusions perdues

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