La Tunisie de Ben Ali vu par L’Express

Aujourd’hui, 10 millions de Tunisiens vivent sous haute surveillance dans un pays quadrillé par près d’un millier de cellules du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), l’ex-parti unique, quelque 200 comités de quartier qui sont autant d’annexes locales du ministère de l’Intérieur, et 110 000 policiers. Le pays ne compte plus qu’une douzaine d’associations réellement indépendantes, constamment sous pression. Des plumitifs flagorneurs vantent chaque jour, dans les colonnes d’une presse aux ordres, la «hauteur d’esprit», la «clairvoyance» et la vision, «prospective» ou «avant-gardiste», c’est selon, mais toujours «profonde», d’un président omniscient et omniprésent dont le mandat est indéfiniment renouvelable depuis la réforme constitutionnelle de 2002.
“Les sociétés arabes ne se sont pratiquement jamais révoltées contre le despotisme, sauf lorsque le despote était sanguinaire, commente un intellectuel. Notre culture arabo-islamique est celle du zaïm, du chef éclairé et juste. Elle repose sur l’idée d’un donnant-donnant. Le chef est l? pour satisfaire les besoins du peuple, qui le laisse diriger comme il l’entend. Chacun y trouve son compte.” Mais pourquoi diable ce zaïm-là éprouve-t-il le besoin d’émailler ses discours de constantes références à la démocratie et au pluralisme ? Pourquoi ses thuriféraires se croient-ils obligés d’affirmer, sans rire, que la Tunisie «vénère les droits de l’homme» ? «Un cinéma destiné à l’Occident», comme l’affirme le même intellectuel ?
 
La famille de Ben Ali n’est pas un tabou… sur le Net : En 1992, le président épouse en secondes noces Leïla Trabelsi, héritant du même coup d’une dizaine de beaux-frères et belles-soeurs particulièrement encombrants (…) La « famille », comme disent les Tunisiens, est devenue le principal centre d’intérêt de la blogosphère tunisienne. De jeunes internautes y échangent info et intox. Les milieux d’affaires, tunisiens ou étrangers, sont, eux, convaincus d’une chose : il est impossible d’entreprendre en Tunisie sans s’entendre avec les Trabelsi et «passer ? la caisse». En échange, bien sûr, les beaux-frères jouent les parrains et fournissent les passe-droits nécessaires… «Nous sommes dans une économie kleptocratique», affirme un universitaire français, spécialiste du Maghreb.

Consultez (ici) l’intégralité de l’article.

20ème anniversaire du changement : Bakchich offre son cadeau

À l’occasion du 20ème anniversaire du changement du 7 novembre, Bakchich, le plus sexy des sites satiriques d’informations publiera une série d’articles.
 
Voici le premier article sur la première dame :

Le 2 août dernier, le Journal officiel tunisien a publié l’arrêté privant de la nationalité tunisienne la veuve du président Arafat, Souha (cf. Souha, une Arafat pure Malte sur bakchich.info). Une bombe. Souha était une intime de Leïla, la courtisane devenue régente du pays. Sa famille, les Trabelsi, ont en effet mis le grappin sur la plupart des secteurs d’activités – de l’immobilier au tourisme en passant par les télécoms – en usant d’une méthode éprouvée. Intimidations et commissions. À la mort de son mari, Souha a été accueillie à bras ouverts par les Trabelsi… et avec elle, les comptes en banque de l’OLP dont ce cachottier de Yasser Arafat gardait précieusement sur lui la liste mise à jour…Une plainte a bien été déposée à Paris mais, nichée dans son cocon tunisien, Souha n’a pas daigné se défendre.

Leïla lui vouait une telle amitié qu’elle a tout fait pour qu’elle se console de la mort d’Arafat en épousant son frère Belhassem, le chef du gang familial, prêt à divorcer de son épouse. Souha avait joué sa mijaurée, un mauvais point déjà . Plus grave, des histoires de gros sous ont mis de la friture sur la ligne et briser leur belle amitié. Au départ, tout allait pour le mieux : grâce à ses multiples relations dans le monde arabe, Souha a apporté quelques juteuses affaires. Une société égyptienne, Orascon, a ainsi acheté 20 % de Tunisiana (téléphonie mobile), avec l’aide de leur copine Jihane Sadate, la veuve du raïs égyptien…
 
Puis, via les relations de Souha à Dubaï, un groupe d’investisseurs du Golfe s’apprête à lâcher 12 milliards de dollars dans un projet de ville nouvelle, la « cité du siècle », qui sera située au sud du lac de Tunis… Mais Leïla, cette gourmande, a refusé de partager les commissions avec Souha. Laquelle, en représailles, est allée pleurer dans la djellaba du fidèle ami d’Arafat, le guide Kadhafi. D’où la colère de Ben Ali contre la « pauvre » veuve, contrainte à l’exil chez son frère, à Malte. Crime de lèse majesté, Souha a refusé de recevoir l’ambassadeur de Tunis à La Valette, Ali Ganzoui, dépêché par le président tunisien. Ben Ali, dit aussi Bac moins trois comme l’ont surnommé ses concitoyens, ne supporte qu’on touche à sa femme…et à son pognon.
 
La semaine prochaine, la série continue avec « L’appétit de Monsieur gendre ».
Source

La veuve d’Arafat déchue de la nationalité tunisienne par Ben Ali

Décision surprise du palais de Carthage, Souha Arafat, la veuve de Yasser n’est plus digne de la nationalité tunisienne. D’après des sources judiciaires, dont le site Internet du quotidien Maariv se fait l’écho, elle aurait été privée de ses droits matériels et moraux de résidente.

Quel crime de “lèse-majesté” a-t elle pu bien commettre pour ce voir ainsi déchue de la nationalité tunisienne?

La jouissance de la nationalité tunisienne n’aura finalement été que de courte durée pour l’ex-première dame palestinienne dont l’amitié qui l’a lie (ou qui la liait) à la première dame tunisienne est connue de tous. Le 26 septembre 2006, le Journal officiel de la République tunisienne (JORT) annonçait en effet que Souha Arafat et sa fille Zahwa avait obtenu la nationalité tunisienne.
 
Depuis lors, Souha faisait parler d’elle dans la rubrique “Cancans de Carthage“; elle démentait d’abord la rumeur faisant état de son futur mariage avec Belhassen Trabelsi, le frère de l’épouse du président tunisien. Tout récemment, le journal Le Point révélait que Souha et son amie intime Leila, avaient l’intention d’ouvrir un lycée privé “l’Ecole internationale de Carthage”. Mais, le 10 juillet 2007, Souha envoyait un fax au directeur du Lycée Louis Pasteur, niant toute implication dans la décision de fermeture « administrative » de cette grande institution.
 
Alors qu’en est-il ? Règlements de comptes vaudevillesques au palais de Carthage ? Crêpage de chignons ? Affaires de cœur ou polissonnes ? Ou affaires pécuniaires ?

Photo de la semaine : supporters derrière leur club et derrière le Président de la République !

Après diverses “associations” de Tunisie, après les “patrons” de Tunisie, après les “mères” de Tunisie et j’en passe…c’est au tour des “supporters des équipes de football” d’exhorter le Président tunisien à se présenter pour les élections présidentielles de 2009.

Il s’agit d’une photo prise par un supporter de l’Étoile Sportive de Sahel, équipe de foot, championne de Tunisie 2006-2007, lors du dernier match du championnat. Sur la banderole, on peut lire : « Les supporters de l’Étoile toujours fidèles et loyaux au président Zine el-Abidine Ben Ali, réitèrent leur soutien total à sa politique clairvoyante et l’exhortent à se présenter pour les élections présidentielles 2009 ».

Who’s next…?

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