Tunisie : Journée nationale pour la liberté de bloguer

 

Malheureusement, le dossier de la censure en Tunisie est plus que récurrent. Les bloggeurs tunisiens ont déjà organisé des actions contre la censure et se sont mobilisés contre les entraves faites à la liberté d’expression. Ce mardi, 4 novembre 2008, se tient une journée nationale pour la liberté de bloguer.

 

Depuis que les Tunisiens se sont mis à la sauce web 2.0, la blogosphère tunisienne est devenue une véritable « Chakchouka » bouillonnante et épicée, où peut enfin s’exprimer toutes sortes  d’émotions et d’idées, où se délient les langues, où l’on ose briser les silences et les tabous.

 

Le pouvoir n’est évidemment pas resté inerte devant tant d’audace auquel il n’était pas habitué. Il a donc tenté de bâillonner ces voix libres jugées tendancieuses. Mais qu’il le sache : il se heurte et se heurtera encore à l’obstination de ceux qui s’indignent de cette situation d’État mafieux, de l’hypocrisie d’un régime autoritaire, de la vacuité de la presse « officielle » et d’une opposition officielle fantoche.

 

Serrons-nous les coudes plutôt que de nous invectiver, cessons de nous perdre en querelles inutiles et rappelons nous sans prétention, que cette bloggosphère peut se targuer d’être un terreau fertile pour faire naître une véritable société civile de contrepoids capable de faire émerger une authentique opposition démocratique qui ne saurait être, bien entendu, monolithique.

Cos-Maux-Polis: La resurrection

Cos-Maux-Polis avait déjà plus de deux ans (ici, En cache et ); il était né un jour de l’été 2006 alors que la guerre entre Israël et le Liban faisait rage.

Dès ces premières semaines d’existence, il avait suscité la curiosité en étant à l’origine d’une photo controversée mettant en scène un acteur québécois célèbre brandissant le drapeau jaune du Hezbollah (ici). Il avait aussi su échapper à la censure tunisienne en dépit des prises de parole et des dénonciations (ici et ).

Mais suite à une malencontreuse maladresse, il a été victime du sabordage involontaire de son auteur. A l’occasion de la renaissance de Cosmauxpolis, il était temps qu’éclate enfin au grand-jour la vérité :

Cosmauxpolis est en fait un blog écrit à 4 mains. 2 cerveaux en ébullition, 2 personnalités, 3 nationalités (une Française et un Canado-Tunisien) :

* L’un a les idées, l’autre a la plume;
* L’un est la polémique, l’autre est l’apaisement ;
* L’un a la raison, l’autre la passion;
* L’un privilégie l’esthétique, l’autre l’éthique.

L’aventure blogosphérique n’est pas toujours de tout repos. L’inspiration, la motivation et tout simplement le temps manquent parfois, surtout lorsque le travail et un petit bout de chou accaparent votre énergie. Il est bon dans ce cas de pouvoir compter sur la persévérance de l’un ou l’abnégation de l’autre pour motiver la troupe, ou prendre la relève.

L’on peut parfois avoir l’impression que bloguer est une entreprise bien ingrate : beaucoup d’efforts et peu de gratifications immédiates; et pourtant, le blog est désormais l’outil par excellence pour tenter de libérer la parole, de briser les tabous, de dénoncer les abus, de relayer le censuré ou l’anecdote, de participer au débat politique et médiatique, de contribuer à mobiliser la solidarité des internautes.

Alors, parce que l’actualité mérite d’être décortiquée, analysée et critiquée … et parce que je crois dans le pouvoir de la blogosphère permettant aux voix citoyennes de s’exprimer, cela vaut toujours et encore la peine de prendre le temps de s’indigner, d’analyser de plaisanter sur l’actualité et de plaquer quelques mots sur les maux du “village global !

Cosmauxpolis est mort : vive cosmauxpolis !!!

Un grand merci à Hou (ici et )

La blogosphère : menace, danger et lobbying

Le Parlement européen «considère la blogosphère comme dangereuse et envisage de voter une mesure encadrant cet espace de libre expression».
 
Pour le bien des blogueurs
Une nouvelle peu enthousiasmante à l’heure où, en France (et ailleurs), le filtrage et la surveillance des contenus sont sur toutes les lèvres. Cet encadrement des blogs, initié suite à un récent rapport de la députée estonienne Marianne Mikko, se ferait via une sorte de labellisation des blogs, ceci grâce à un « indice de qualité, pour qu’il soit clair pour tout le monde qui écrit et pour quelle raison », peut-on lire dans le rapport en question.
 
Certains blogs polluent le cyberespace
« Jusqu’à présent, la blogosphère était un espace de bonnes intentions, avec un discours relativement franc et ouvert. Beaucoup de gens font confiance aux blogs. Cependant, du fait de leur banalisation et de leur multiplication, les blogs sont également utilisés par des personnes de moins en moins scrupuleuses. »
Si « jusqu’à présent, nous n’avons pas considéré les blogueurs comme une menace, ces derniers peuvent polluer considérablement le cyberespace », a ainsi rédigé la députée estonienne, certainement la future égérie des blogueurs.
 
Blogueurs, arrêtez de donner votre opinion
Marianne Mikko n’est cependant pas la seule en Europe à se poser des questions au sujet des blogs. Selon Kapital, l’eurodéputé allemand Jorgo Chatzimarkakis a ainsi déclaré : « les blogueurs ne peuvent certainement pas être automatiquement qualifiés de menaçants », mais « les blogs sont aujourd’hui un puissant instrument de communication et peuvent être considérés comme une forme avancée de lobbying. Et constituer, en tant que tels, une menace ».

Source

Opération troll* sur la blogosphère tunisienne

Alors que certains médias européens (ici) commencent à s’intéresseer aux mouvements de contestations relayés par les blogs du Maghreb et du Moyen-Orient, mentionnant au passage la bouillonnante blogosphère tunisienne mobilisée sur les événements de Redeyef (ici), un O.B.N.I (objet bloguant non identifié) a fait une subite apparition ce dimanche 15 juin 2008. Une initiative intitulée : Je blogue pour l’Islam, décidée par je ne sais qui, je ne sais quand, a en effet donné lieu à des posts médiocres dénués de fond, sans aucune référence savante, sans aucune réflexion philosophique majeure (Or, sur un sujet pareil on était en droit de s’attendre à mieux). Le plus frappant demeure encore la pléthore de commentaires flirtant l’hystérie, le procès d’intention et la vulgarité. Peut-être nous devrions nous réjouir du faible taux de participation ? cette « journée de mobilisation »
Comment se fait-il que la majorité des blogueurs qui ont répondu ? l’appel sont des nouveaux venus dans la blogosphère? Certains ont même déja disparu…!!!

Pourrait-il s’agir d’une opération de diversion?

L’objectif est-il de décrédibiliser la blogosphère en la faisant s’épuiser sur des débats annexes aux préoccupations manifestes de blogueurs excédés par la langue de bois et la lobotomie généralisée propagée par les médias officiels?

Qui cela peut-il servir? Libre à vous de penser que je sombre dans la théorie du complot.
* On utilise le terme troll pour désigner une personne, ou un groupe de personnes, participant à un espace de discussion, qui cherche à détourner insidieusement le sujet d’une discussion pour générer des conflits en incitant ? la polémique et en provoquant les autres participants (Source).

Blogosphère Tunisienne : entre subtilité, ironie et connerie

Il y’a quelques mois, j’écrivais : « Au passif des autocrates s’ajoute donc la perte de «sens» à la quelle nous assistons puisqu’en verrouillant le système par les cadenas du népotisme, du clientélisme et de la corruption, ils ne fabriquent que des foules de frustrés et d’extrémistes. Serait-ce déjà trop tard pour arrêter cette gangrène ?
 
Suite aux commentaires suscités par mon post sur Radio Zitouna, L’opportunisme en onde, et devant le déchaînement des passions provoqué par le dernier post de Big Trap Boy (ici), je ne peux restée silencieuse.

Ce type d’échanges que l’on peut trouver sur la blogosphère illustre parfaitement l’impossibilité pour certains de saisir la subtilité d’un message plein de malice et d’ironie. Plus largement cela témoigne de l’état déplorable dans lequel certains esprits étroits et lobotomisés se trouvent englués, incapables de décoder les signes d’un enfermement totalitaire qui les condamne au fatalisme, au paternalisme et osons le dire, au crétinisme extrémiste.

Si l’on a le malheur de s’interroger sur la manière, que l’on juge douteuse, avec laquelle un homme se permet de se faire du capital politique social et économique, en abreuvant les ondes des saintes paroles du Coran en pleine période de ramadan, l’on devient automatiquement suspect, voire mécréant. Dès que l’on prononce les mots : Islam, Coran, Prophète, il semble que tout esprit critique soit gommé; même chose en politique… il ne reste alors que le dénigrement facile et gratuit qui ne mène nulle part et qui se contente de cibler le voisin que l’on juge, condamne et insulte lorsqu’il ose sortir des rails du comportement grégaire.