Facebook et la politique en Tunisie ?

 

C’est le titre d’un article au style piteux et médiocre, paru aujourd’hui sur le site Tunisie Affaire. En réponse au contenu de cet article, voici comment j’entrevois l’initiative encouragée par Galia SKANDER, habile maitresse de la langue de bois :

 

1.   Si je suis cynique : le président tunisien n’a pas besoin de ce genre de subterfuge pour sortir largement gagnant des urnes.

2.   Si je suis ironique : la politique tunisienne peut-elle être comparée à la politique française et américaine? 

3.   Si je suis réaliste : qui les partisans du RCD affronteraient-ils sur la toile? A part les quelques opposants qui ont le courage de s’exprimer ouvertement, la grande majorité des internautes tunisiens (et je m’y inclus), préfèrent se fondre dans l’anonymat par peur de représailles.

4.   Si je suis optimiste : l’opération séduction auprès des jeunes tunisiens me semble compromise dans la mesure où la blogosphère tunisienne, apparait rétive aux messages lénifiants d’un système politique verrouillé. Pour preuve, le succès de la note Blanche du 25 décembre 2008.

Caricature : DebaTunisie

Ben Ali : 21 ans, et plus si affinités…

 

Le président tunisien Ben Ali fête, vendredi 7 novembre, ses 21 ans de règne. Il met régulièrement en avant les progrès économiques et législatifs de son pays, mais les rapports sur la liberté de la presse sont accablants. La France ne semble pas pour autant s’en émouvoir

 

« L’espace des libertés progresse en Tunisie ». C’est ce qu’avait déclaré le président Nicolas Sarkozy lors de sa visite tunisienne vendredi 2 mai 2008. Ce n’est pourtant pas l’avis des diplomates français sur place. Le journal Bakchich info s’est procuré un télégramme diplomatique rédigé par l’ambassadeur de France en Tunisie. Dans cette note à diffusion interne, datée de la fin de l’été 2008, Serge Degallaix regrette « le contrôle étroit d’Internet par les autorités tunisiennes ». Il y évoque entre autre la « censure des sites d’information alternative sur la Tunisie, d’ONG internationales de défense des droits de l’homme, de partis d’opposition tunisiens et même des sites de partage de vidéo You Tube et Daily motion ». Alors que Zine El Abidine Ben Ali fête ce vendredi ses 21 ans de règne, où en est la liberté d’expression en Tunisie ?

 

L’organisation Reporters Sans Frontières (RSF) place la Tunisie sur sa liste noire. 143ème pays sur 173 dans le classement RSF de la liberté de la presse, le pays de Ben Ali a encore du chemin à faire en matière de droits de l’Homme. Intimidations, censure, campagnes de dénigrement, poursuites pénales pour diffamation, il ne fait pas bon être journaliste en Tunisie. Le pays qui était 128 ème en 2002 dans le même classement a donc perdu en cinq ans 17 places, pour être l’avant dernier de la région après la Libye.

 

Les associations des droits de l’Homme françaises et tunisiennes qui espéraient une amélioration de la situation avec la visite du chef d’Etat français en mai dernier ont du ravaler leur enthousiasme assez vite. Nicolas Sarkozy, ardu défenseur des droits de l’Homme pendant sa campagne présidentielle a préféré ne pas froisser le président tunisien, semble-t-il. La secrétaire d’Etat chargée des Affaires étrangères et des droits de l’Homme, Rama Yade, qui l’accompagnait a été relayée au second plan alors que tout le monde l’attendait sur la liberté de la presse. Elle n’a pas rencontré le président Ben Ali mais des associations de la société civile. « On peut parler des droits de l’homme sans tabou et en même temps sans être provocant », a déclaré le porte-parole de l’Elysée. Une chose est sûre, la Tunisie ne s’est pas sentie froissée. Tellement peu froissée qu’elle a commandé 16 appareils à Airbus et signé un joli chèque de 360 millions d’euros à Alstom pour la construction d’une centrale thermique.

 

Un climat de terreur pèse sur les opposants

 

Nicolas Sarkozy ne rompt donc pas vraiment avec son prédécesseur Jacques Chirac. En février 2006, ce dernier félicitait chaleureusement son homologue tunisien par ces mots : « sous votre conduite, la Tunisie est entrée résolument dans le XXIème siècle(…). Le Sommet Mondial de la société d’Information à Tunis l’a rappelé. » Il a ensuite salué « des résultats encourageants pour la bonne gouvernance mondiale d’Internet ». Espérons que les internautes privés pendant plusieurs semaines du réseau social Facebook en août dernier avaient oublié cet épisode.

 

Les nombreux rapports des organisations de défense des droits de l’Homme estiment que ce petit pays du Maghreb ne fait guère plus de considérations des autres droits. « Garanties juridiques souvent violées, personnes arrêtées pour des motifs politiques, torturées alors que les auteurs des sévices sont impunis, défenseurs des droits humains harcelés,… », l’organisation Amnesty International rejoint RSF sur le climat de terreur qui pèse sur les opposants.

 

La Tunisie se défend pourtant régulièrement de ces accusations en rappelant les avancées du pays en matière législative et économique. Le président Ben Ali qui a fait lever la limitation des quinquennats et qui se présente en 2009 à sa propre succession aura, de toute façon, cinq ans de plus pour convaincre le monde que son pays est bien démocratique

 

Source

 

Nb : caricature via le blog Débat Tunisie 

Tunisie : Journée nationale pour la liberté de bloguer

 

Malheureusement, le dossier de la censure en Tunisie est plus que récurrent. Les bloggeurs tunisiens ont déjà organisé des actions contre la censure et se sont mobilisés contre les entraves faites à la liberté d’expression. Ce mardi, 4 novembre 2008, se tient une journée nationale pour la liberté de bloguer.

 

Depuis que les Tunisiens se sont mis à la sauce web 2.0, la blogosphère tunisienne est devenue une véritable « Chakchouka » bouillonnante et épicée, où peut enfin s’exprimer toutes sortes  d’émotions et d’idées, où se délient les langues, où l’on ose briser les silences et les tabous.

 

Le pouvoir n’est évidemment pas resté inerte devant tant d’audace auquel il n’était pas habitué. Il a donc tenté de bâillonner ces voix libres jugées tendancieuses. Mais qu’il le sache : il se heurte et se heurtera encore à l’obstination de ceux qui s’indignent de cette situation d’État mafieux, de l’hypocrisie d’un régime autoritaire, de la vacuité de la presse « officielle » et d’une opposition officielle fantoche.

 

Serrons-nous les coudes plutôt que de nous invectiver, cessons de nous perdre en querelles inutiles et rappelons nous sans prétention, que cette bloggosphère peut se targuer d’être un terreau fertile pour faire naître une véritable société civile de contrepoids capable de faire émerger une authentique opposition démocratique qui ne saurait être, bien entendu, monolithique.

“L’Express international” : Quand les gouvernements cèdent à la peur de l’intégrisme et choisissent la censure !

 

  Les deux couvertures de l’Express : à gauche la couverture de l’édition France, et à droite celle de l’édition internationale.

 

Les autorités tunisiennes ont indiqué avoir saisi un numéro de l’hebdomadaire français “L’Express international” pour atteinte à l’islam, une mesure similaire ayant déjà été annoncée au Maroc.

 

“Le numéro 2991 de l’hebdomadaire en date du 30 octobre au 5 novembre comportait un dossier portant atteinte à la religion islamique, aux croyances et aux sentiments des musulmans” a-t-on indiqué de source officielle à l’AFP.

 

Cette interdiction a été effectuée en vertu de l’article 25 du Code de la presse tunisien, a-t-on ajouté de même source.

 

Cet article autorise l’interdiction des “œuvres étrangères, périodiques ou non” par le ministère de l’Intérieur sur avis des instances politiques en charge de l’information.

 

Le ministère marocain de la Communication avait annoncé vendredi dernier l’interdiction d’entrée au Maroc du numéro incriminé de l’hebdomadaire français à cause d’un dossier portant “atteinte à l’islam”.

 

L’Express faisait sa couverture avec “Le choc Jésus-Mahommet, leur itinéraire, leur message, leur vision du monde” et publiait un dossier rédigé à l’occasion d’une réunion de dignitaires catholiques et musulmans, le 4 novembre à Rome, pour “aider le dialogue entre l’islam et le christianisme”.

 

Parmi les six articles, consacrés notamment à ce qui sépare les deux religions, l’un est titré “Jésus, le message rebelle”, un autre “Mahomet, prophète et guerrier”.

 

Interrogé à Paris par l’AFP, Christian Makarian, directeur délégué de la rédaction et auteur du livre “Le choc Jésus-Mahomet” a affirmé avoir “ménagé la sensibilité religieuse au Maghreb”.

 

“Afin de ménager la sensibilité religieuse au Maghreb, nous avons changé la couverture de l’édition internationale qui porte un visage de Mahomet caché, conformément à l’usage islamique. Et malgré cette attention particulière nous sommes saisis. Je ne comprends pas”, avait-il affirmé.

 

Selon lui, le dossier parle du “rapport conflictuel” que peut avoir l’islam avec les autres religions, mais ne contient “nul part de propos offensants” sur cette religion.

 

Source : Le Monde

 

Valable pour toutes les religions….A méditer !

 

 « Les croyants conçoivent généralement la religion comme quelque chose de saint ou de sacré, quelque chose de constant. Vous n’en pouvez pas parler du changement ou de l’évolution du savoir religieux. Ils se cramponnent à l’idée de fixité. Mais comme je l’ai démontré dans mon travail, nous devons faire la distinction entre la religion d’un côté et l’interprétation religieuse de l’autre. Ceux qui défendent l’idée de fixité dans la religion ne sont pas pleinement conscients de l’histoire de l’Islam, ou, tout aussi bien, de celle des autres religions. L’islam est une série d’interprétations de l’Islam. Le christianisme est une série d’interprétations du christianisme. Et puisque ces interprétations sont historiques, l’élément d’historicité est là.  C’est pour cela que vous devez avoir une bonne connaissance de l’histoire de l’islam. Aller directement au Coran et aux hadiths, ne vous donnera pas grand-chose. Vous devez aller à l’histoire et, de là, revenir au Coran et au hadith afin de mettre l’interprétation dans son contexte historique ».

Abdul Karim Soroush, penseur musulman contemporain.

Censure en Tunisie : Oum Ziad entendue au palais de justice

Le ministère tunisien de l’Intérieur a déposé une plainte contre la rédactrice en chef du site internet Kalima pour “allégations contraires à la loi”. La journaliste avait publié un article attribuant aux autorités tunisiennes une attaque informatique contre son site.

 

 La journaliste tunisienne Oum Ziad, rédactrice en chef du site internet Kalima, a été entendue mardi 27 octobre 2008 par le substitut du procureur au palais de justice de Tunis, apprend-on sur le site internet de Reporters sans frontières (RSF).

 

En l’absence de ses avocats, la journaliste a refusé de commenter ses écrits devant le magistrat. Une plainte a été déposée contre elle par le ministère tunisien de l’Intérieur pour “allégations contraires à la loi”. Oum Ziad avait publié un article dans lequel elle avait fait porter aux autorités tunisiennes la responsabilité de l’attaque informatique qui avait ciblé, le 8 octobre dernier, le site Internet de Kalima.

 

“C’est moi qui étais visée”

 

Le ministère de l’Intérieur a également interdit la distribution de l’hebdomadaire Mouwatinoun qui avait reproduit l’article de la journaliste dans sa dernière édition.

 

“J’ai tout de suite compris que c’était moi qui étais visée”, a déclaré vendredi 24 octobre Oum Ziad, interrogée par nouvelobs.com. Le jour même de la saisie de l’hebdomadaire, elle recevait en effet sa convocation devant le substitut du procureur, dans “le bureau spécialisé dans les délits de presse et la poursuite des opposants”.

 

“Kalima et Mouwatinoun font partie des rares publications tunisiennes qui échappent à la main-mise exercée par le régime sur les médias locaux. Nous appelons les autorités tunisiennes à mettre un terme à leur acharnement contre les voix indépendantes de la presse privée”, a déclaré Reporters sans frontières.

 

Représailles

 

Les pressions du régime ne sont pas nouvelles pour Oum Ziad, devenue, au fil du temps, un symbole de la résistance à l’autorité en Tunisie. Mais elle reconnaît qu’elles vont “crescendo”.

 

En 1989, elle a travaillé pour le journal El Ray, symbole de la presse indépendante en Tunisie. Dans un de ses articles, Oum Ziad mettait en doute un discours de Ben Ali, élu quelques semaines auparavant, qui promettait la démocratisation. Résultat: le journal est saisi et supprimé. Oum Ziad n’écrit plus une ligne, jusqu’à l’apparition de Kalima.

 

En 1999, quelques journalistes veulent s’opposer au contrôle et à la censure de la presse et créer leur journal indépendant. Les autorités refusent mais qu’à cela ne tienne, les fondateurs de Kalima profitent d’un vide juridique et lancent Kalima sur internet. Avec deux principes phares: la liberté et l’indépendance. Les pressions commencent sur le journal et ses collaborateurs : encerclement des locaux, coupure d’internet, agression des collaborateurs…

Rompre le silence

 

Oum Ziad écrit toujours. Pour être lue, malgré le site bloqué, l’équipe de Kalima imprime “de temps en temps, quand ils en ont les moyens” et distribue en toute illégalité des “samizdats”, bulletins d’information qui offrent le même contenu que le journal en ligne.

 

“Ben Ali a imposé le silence absolu à tout le pays. On ne va pas réussir à faire bouger tout un pays paralysé”, reconnaît-elle. Elle avoue son peu d’espoir. Et les élections en 2009 ne vont, selon elle, rien y changer. “Ben Ali insiste pour rester en place. Pour moi, c’est le plus mauvais président qui soi. Il va avoir encore un autre mandat pour imposer son style musclé, sa répression aveugle, la corruption du régime qui est de notoriété publique”. Pour l’instant, elle se concentre sur les jours à venir, ses avocats à consulter, son mari à faire sortir de prison. Mais garde espoir, stoïque : “Wait and see”, conclut-elle.

 

Source

 

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À l’occasion de son 72ème anniversaire, le président tunisien a offert un joli cadeau à ses citoyens : il a fait lever la censure sur Facebook. Mais ce qui est plus hallucinant encore dans cette Tunisie ubuesque  c’est ce petit bijou de flagornerie de la Pravda tunisienne :

 

Aujourd’hui, 3 septembre, c’est l’anniversaire du Président Zine El Abidine Ben Ali. Un jour d’anniversaire qui est, dans la pensée de notre Président, un jour comme les autres, consacré au service de sa patrie et de ses compatriotes, pour davantage de progrès, de prospérité et d’invulnérabilité de la nation.

C’est que, constituant pour toutes les Tunisiennes et tous les Tunisiens un exemple d’abnégation et de dévouement, le Président Ben Ali a fait de l’effort et du travail de véritables valeurs cardinales.

Et c’est précisément grâce à ces vertus et à l’enthousiasme qu’elles ont suscité depuis le Changement du 7 novembre 1987 que la Tunisie continue à engranger quotidiennement des conquêtes significatives et avérées dans tous les domaines, faisant de notre pays un modèle dont ne cessent de s’inspirer de nombreux pays dans le monde.

A l’heure où tous les Tunisiennes et les Tunisiens accueillent avec bonheur et fierté l’acceptation du Président Ben Ali de présenter sa candidature à l’élection présidentielle de 2009 et à l’heure où le pays s’apprête à célébrer le 21e anniversaire du Changement, la Tunisie envisage l’avenir avec confiance et sérénité, cultivant des desseins exaltants pour réaliser de nouvelles conquêtes, inspirés par le leadership de leur Président, un grand homme d’Etat aux qualités humaines et morales exceptionnelles.

Joyeux anniversaire Monsieur le Président et tous nos vœux de bonheur, pour que notre pays puisse conquérir, sous votre conduite éclairée, d’autres progrès et marquer de nouvelles avancées vers la prospérité et l’invulnérabilité. Une Tunisie sans cesse stable, en pleine croissance, moderne, solidaire et rayonnante.

 

L’auteur semble avoir épuisé le dictionnaire des qualificatifs élogieux. C’est un texte  tellement dithyrambique que cela en devient suspicieux. Ces journaleux-cireurs de pompe auraient pu faire preuve d’un peu plus de subtilité, cela n’aurait donné que plus de crédibilité à leurs louanges, à moins qu’ils ne soient les rois du second degré…

Censure de Facebook en Tunisie : la vraie raison!

 

Depuis le 18 août 2008, la Tunisie bat toute concurrence en matière de cyber-censure. Après les blogs, les sites de partage de vidéos, les sites d’opposition, c’est au tour du site facebook de disparaître sous l’effet des terribles ciseaux d’ « Ammar 404 ».

 

Une fois n’est pas coutume, la presse tunisienne semble se mobiliser pour élucider le mystère de cette nouvelle « coupe numérique » et pour demander que facebook soit de nouveau accessible (elle aurait du se mobiliser aussi pour les blogs, Dailymotion et Youtube). Bien que les moyens d’investigation de la presse tunisienne soient limités, celle-ci fait état de rumeurs qui pourraient expliquer les raisons de cette censure. On évoque ainsi le fait qu’ «un crime crapuleux a[urait] été élucidé en Italie grâce à Facebook» ou bien encore les «éventuelles dérives d’instrumentalisation extrémiste, ce à quoi l’unique antidote semble être la fermeture du site». Les plus hardis de ces journalistes se sont même aventuré à  contacter le Ministère de la Censure et de la Facture numérique  (Ministère des Technologies de la Communication) pour obtenir quelques éclaircissements, mais en vain.

 

Un article paru aujourd’hui dans «La Paresse», la Pravda tunisienne, pourrait pourtant nous éclairer sur les véritables raisons menant au blocage du site de réseau social numérique le plus célèbre au monde. L’article, d’une langue de bois inégalée, nous apprends en effet, que le «Dialogue global avec les jeunes : la Tunisie d’abord», un forum de discussion disponible sur internet, atteindra son apogée le 20 septembre 2008. Ce forum se veut «un espace de pratique démocratique de haut niveau, une première mondiale, qui constitue l’espace idoine à la démocratie de participation, en tant que pratique destinée aux jeunes».

 

Nul doute donc que la censure de facebook n’a d’autres buts que de permettre aux jeunes Tunisiens de participer activement et pleinement à ce prétentieux « dialogue global » dont les résultats, seront certainement déterminants sur l’interminable voie de la réforme et du progrès démocratique. Dans cette optique, des sites comme Facebook, Dailymotion et Youtube, de même que certains éléments de la blogosphère, ne sont que des  attractions futiles pour le cybercitoyen tunisien.

Tunisie : Prison et censure pour les voix dissidentes

L’opposante tunisienne et militante des droits de l’Homme, Zakia Dhifaoui, a été condamnée à huit mois de prison ferme à la suite d’une manifestation de “soutien aux victimes du bassin minier” de Gafsa.

 

Mme Dhifaoui a été condamnée jeudi par le tribunal de première instance de Gafsa pour “insubordination, troubles de l’ordre public, entraves à un fonctionnaire dans l’excercice de ses fonctions et atteinte aux bonnes moeurs”, a déclaré à l’AFP le chef du Forum démocratique du travail et des libertés (FDTL, légal) Mustapha Ben Jaafar. Arrêtée le 29 juillet à Redeyef au lendemain de la marche, Zakia Dhifaoui, responsable locale du FDTL à Kairouan (centre), perdra sa fonction d’enseignante du fait de sa condamnation à une peine de prison, a ajouté M. Ben Jaafar, dénonçant une “mascarade de procès”. Mme Dhifaoui a été jugée en même temps que six autres manifestants, dont quatre enseignants et un fonctionnaire condamnés chacun à six mois de prison.

 

Quatre opposants adressent une lettre à Rama Yade la délicieuse, lui demandant de réagir à l’arrestation, jugée injuste, d’un jeune Tunisien résident à Nantes

 

M. Ess’ghaier Belkhiri, 29 ans, originaire de Redeyef et résident à Nantes, a été arrêté le vendredi 1er août 2008 à son arrivée au port de la Goulette en Tunisie. Il a, ensuite, été transféré à Gafsa où il a comparu, le lundi 4 août 2008, devant le juge d’instruction au tribunal de première instance de Gafsa qui a ordonné son incarcération. Poursuivi pour sa solidarité avec la lutte des populations du bassin minier, il est accusé, tout bonnement de « financement de rébellion ». Un acte de solidarité est ainsi transformé en un crime passible de 20 ans de prison. Tout se passe comme si l’état de non-droit qui sévit en Tunisie s’étend au pays de droit qu’est la France où la liberté de manifester est garantie, et où, en l’occurrence, elle a été légalement sollicitée et obtenue, comme nous continuons à le croire. Liberté de ce côté-ci de la Méditerranée, crime au-delà ?

 

Pendant ce temps, plusieurs blogs tunisiens sont tombés sous les coups de serpe du fameux Ammar 404.

La blogosphère : menace, danger et lobbying

Le Parlement européen «considère la blogosphère comme dangereuse et envisage de voter une mesure encadrant cet espace de libre expression».
 
Pour le bien des blogueurs
Une nouvelle peu enthousiasmante à l’heure où, en France (et ailleurs), le filtrage et la surveillance des contenus sont sur toutes les lèvres. Cet encadrement des blogs, initié suite à un récent rapport de la députée estonienne Marianne Mikko, se ferait via une sorte de labellisation des blogs, ceci grâce à un « indice de qualité, pour qu’il soit clair pour tout le monde qui écrit et pour quelle raison », peut-on lire dans le rapport en question.
 
Certains blogs polluent le cyberespace
« Jusqu’à présent, la blogosphère était un espace de bonnes intentions, avec un discours relativement franc et ouvert. Beaucoup de gens font confiance aux blogs. Cependant, du fait de leur banalisation et de leur multiplication, les blogs sont également utilisés par des personnes de moins en moins scrupuleuses. »
Si « jusqu’à présent, nous n’avons pas considéré les blogueurs comme une menace, ces derniers peuvent polluer considérablement le cyberespace », a ainsi rédigé la députée estonienne, certainement la future égérie des blogueurs.
 
Blogueurs, arrêtez de donner votre opinion
Marianne Mikko n’est cependant pas la seule en Europe à se poser des questions au sujet des blogs. Selon Kapital, l’eurodéputé allemand Jorgo Chatzimarkakis a ainsi déclaré : « les blogueurs ne peuvent certainement pas être automatiquement qualifiés de menaçants », mais « les blogs sont aujourd’hui un puissant instrument de communication et peuvent être considérés comme une forme avancée de lobbying. Et constituer, en tant que tels, une menace ».

Source

Tunisie : Internet, le dernier espace d’expression!

Les bloggeurs tunisiens ont déjà organisé des actions contre la censure et se sont mobilisés contre les entraves faites à la liberté d’expression. Ce mercredi, RSF sous le patronage de l’UNESCO organise la journée internationale pour la liberté d’expression sur internet (ici).
 
À ma connaissance on attend encore le véritable premier bloggeur «martyr» tunisien. Pour l’instant, il semblerait qu’ils se soient contentés de bloquer les sites trop «tendancieux» pour le pouvoir. Mais restons sur nos gardes! Excédés par l’audace des internautes, ils pourraient peut-être s’inspirer des autorités égyptiennes (ici), saoudienne (ici) et marocaine (ici). Car en Tunisie, on connait la technique pour museler les voix dissidentes et dérangeantes : rien de plus simple que de fomenter une machination politico-judiciaire, une affaire de mœurs ou de stupéfiants…

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