Tunisie : Quand Ben Ali parle des Droits de l’Homme
Le Chef de l’État Tunisien a présidé aujourd’hui une cérémonie à l’occasion du 60ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme :
- Les droits de l’Homme sont un symbole civilisationnel, en même temps qu’un impératif moral et politique
- La concrétisation de la dignité de tous, une règle essentielle pour la consécration de la globalité des droits de l’homme
Pendant ce temps…
Quatre journalistes et militants des droits de l’Homme tunisiens, saoudiens et syriens ont été empêchés de se rendre au Liban pour participer à un forum de presse, a dénoncé vendredi l’Association mondiale des journaux (AMJ).
En Tunisie, la police de l’air a empêché mercredi le journaliste Lotfi Hidouri et l’avocat des droits de l’homme et écrivain Mohamed Abbou d’embarquer sur un vol à destination de Beyrouth, où la conférence de deux jours commence vendredi. M. Hidouri a été placé en détention, et était encore apparemment détenu jeudi soir, alors que M. Abbou a été autorisé à rentrer chez lui. L’AMJ a appelé à la libération immédiate de M. Hidouri.
Dix ans de prison ferme pour les meneurs de manifestations à Gafsa
Mohieddine Cherbib, coordinateur d’un comité de soutien des habitants de Gafsa en France, a été condamné par défaut à deux ans de prison, tandis que l’opposant Fahem Boukaddous, correspondant de la chaîne dissidente Al-Hiwar émettant d’Italie, a été condamné, lui aussi par défaut, à six ans de prison, selon leur avocat joint par téléphone à Gafsa.
Pour la défense, ce procès, ouvert le 4 décembre et suivi par deux avocats et deux syndicalistes français, constitue une “parodie de justice”. Me Mokhtar Trifi, président de la Ligue de défense des droits de l’homme, affirme que des “prévenus n’ont pas été interrogés”, que “les avocats n’ont pas plaidé”, et que “le verdict a été prononcé à la sauvette au milieu d’une salle remplie de policiers”.
Selon un autre avocat, Me Chokri Belaid, “les prévenus ont été molestés et évacués de la salle, l’audience à été interrompue pendant plusieurs heures avant une annonce surprise et irrégulière du verdict en pleine nuit”.
Malgré les demandes de la défense, le président du tribunal a refusé des expertises médicales pour des détenus se disant victimes de torture, ainsi que la citation de plusieurs témoins. La source judiciaire citée par l’AFP affirme, elle, que “certains des avocats de la défense ont affiché leur hostilité au respect de la procédure (…), s’opposant à la poursuite normale de l’examen du dossier”.






