Caricature de la semaine : Bush, Harper et les promesses sur les GES

 

Source : Serge Chapleau, caricaturiste au quotidien La Presse (Montréal)
Les dirigeants des pays du G8 ont fait un petit pas de plus hier lors de la deuxième journée de leur sommet en parvenant ? s’entendre sur une réduction d’au moins 50% d’ici 2050 des gaz ? effet de serre (GES) qu’ils produisent (suite…)

Chiffres de la semaine : Protocole de Kyoto, Biocarburants et GES

Selon le protocole de Kyoto, les biocarburants n’émettent pas de gaz à effet de serre :

  • En Indonésie : un hectare d’une plantation de palmiers vous fournira de 3 à 6 tonnes d’huile de palme par année.
  • Prenez cette huile, transformez-la en biodiesel et envoyez-la en Europe pour faire rouler la voiture d’un Français ou d’un Allemand. Vous réduirez sa consommation de pétrole, l’empêchant d’émettre de 9 à 18 tonnes de CO2 dans l’atmosphère.
  • Sauf qu’en dégradant la tourbière sous les palmiers, vous aurez déjà libéré de 50 à 100 tonnes de CO2 par hectare.
  • En comptant le carburant qu’il faut pour transporter l’huile de palme et fabriquer les pesticides qui font pousser les palmiers, Wetlands International calcule que, dans le meilleur des scénarios, l’utilisation du biocarburant émettra trois fois plus de gaz à effet de serre que si l’Européen avait brûlé du bon vieux diesel. Dans le pire des cas, ce sera 10 fois pire.
En conclusion : En voulant protéger la planète, le protocole de Kyoto a établi des règles qui encouragent la destruction des forêts et l’émission de millions de tonnes de gaz ? effet de serre.

Depuis, certains pays comme les Pays-Bas et le Royaume-Uni ont resserré leurs règles sur les biocarburants. L’Union européenne en est aussi à revoir sa politique (ici).

«Les gouvernements sont en train de mentir ? leurs propres citoyens. Ils sont en train de les berner. Et c’est la pire chose qu’un gouvernement puisse faire. Ils profitent d’un système pour mettre de l’ordre dans leurs livres. Pas pour mettre de l’ordre dans le monde.»

Marcel Silvius, spécialiste de l’écologie tropicale pour Wetlands International.

Source : Biocarburants: le mensonge de Kyoto

Autres nouvelles sur le même sujet: Biocarburants: quand le rêve écologique tourne au désastre

Les Nations Unies et le choix des pays hôtes des conférences et des sommets mondiaux

Parfois, je ne comprends pas comment les Nations Unies choisissent les pays hôtes des conférences et des sommets mondiaux.
 
Le sommet mondial sur la société de l’information s’est tenu en Tunisie du 14 au 19 novembre 2005. Un pays où l’on censure l’information : blogs, sites de partages de vidéos, journaux d’opposition…
 
Cette semaine, la conférence des Nations Unies sur le changement climatique se déroulera à Bali. L’Indonésie est le troisième plus grand émetteur de gaz à effet de serre après les États-Unis et la Chine. Le gouvernement indonésien encourage le boom de la production d’huile de palme et les Indonésiens utilisent pour cela plus de six millions d’hectares du pays. Par ailleurs, au début du mois de novembre, Geenpeace (ici) a demandé au gouvernement Indonésien d’adopter de toute urgence un moratoire sur la coupe rase des forêts et la destruction des tourbières.
Le comble est qu’il est prévu que lors de cette conférence, les responsables politiques devront s’engager à prendre en compte la préservation des forêts tropicales et se mettre d’accord sur un mécanisme d’aide à la préservation des forêts.

 

île de Zembra (Tunisie) : patrimoine mondial de l’UNESCO ou futur complexe touristique de …

Un investisseur chinois, Li Ruo Hong, chef d’un groupe d’investissement international, projette de réaliser dans l’île de Zembra une station de tourisme écologique et de santé haut de gamme. Le magnat chinois, qui a présenté, vendredi 23 novembre, les esquisses de son projet au président Ben Ali, s’est engagé à «préserver les spécificités naturelles et écologiques de l’île et à protéger ses sites classés ‘’patrimoine mondial par l’Unesco’’» (source)

Or dans un document (ici) datant de 2003, publié sur le site de Agence de Protection et d’Aménagement du Littoral (APAL, Tunisie), on apprend que:

  • Zembra et Zembretta ont été l’une des premières aires naturelles à attirer l’attention des décideurs et des écologistes en Tunisie. C’est ainsi que par arrêté du Ministre de l’Agriculture en date du 9 novembre 1973, une zone de protection biologique intégrale de 1,5 miles marins (3639 ha) a été érigée dans laquelle toute forme de pêche a été interdite.
  • En 1977, le parc national de Zembra et Zembretta fut créé (décret 77-340 du 1er avril 1977). La même année, Zembra fut inscrite sur la liste du réseau international des réserves de la Biosphère du Programme MAB (l’Homme et la Biosphère) de l’UNESCO. Ainsi, Zembra et Zembretta sont devenues le premier parc national ? être créé en Tunisie et ayant à la fois un statut national et international.
  • Les îles de Zembra et de Zembretta font partie du domaine forestier de l’État et du domaine maritime. De ce fait, la gestion du milieu terrestre incombe en premier lieu à la Direction Générale des Forêts qui, par l’intermédiaire de l’Arrondissement des Forêts de Nabeul, maintient un gardien sur Zembra alors que l’Agence de Protection et d’Aménagement du Littoral intervient depuis sa création en 1994 sur tous les aspects concernant les études et la protection du Parc National sur sa partie terrestre et marine.
  • L’accès à l’île pour les visiteurs n’est possible qu’avec l’autorisation préalable du Ministère de la Défense Nationale et de la Direction Générale des Forêts.

Ma question au promoteur chinois :

Comment allez-vous procéder pour préserver la richesse de la biodiversité ainsi que la beauté des paysages de cette aire protégée?

Prix Nobel de la Paix : Al Gore le méritait-il ?

La très célèbre Académie royale de Suède vient de décerner conjointement le prix Nobel de la Paix au GIEC et à Al Gore, reconverti dans l’activisme pro environnemental, pour leur engagement dans la lutte contre les changements climatiques. Mais l’Académie n’a-t-elle pas cédé à la tentation du « sujet à la mode » ? Al Gore méritait-il le prix Nobel ?

Voilà sans doute une question pas très « politiquement correct » ! Le réchauffement climatique est certes une menace pour l’environnement qui pourrait déstabiliser l’équilibre démographique et géopolitique dans de nombreuses régions du monde en créant des millions de nouveaux réfugiés. Mais voir dans l’action d’Al Gore un rôle majeur pour la paix internationale paraît bien plus discutable.

Bien que le combat soit louable et légitime, Al Gore obtient finalement ce prix pour avoir réalisé ”An inconvenient Truth”, un film, dans lequel il se met en scène et où les approximations scientifiques foisonnent. Dans un pays dirigé par un G. W. Bush, hostile au protocole de Kyoto, l’ancien candidat démocrate à la présidence américaine, a eu beau jeu de s’ériger rapidement et facilement comme le chevalier blanc de l’environnement : un parfait créneau pour redorer son image.

Sans remettre totalement en cause l’honnêteté de l’engagement d’Al Gore pour cette problématique, il faudrait rappeler que peu de temps après la sortie de son film, les médias révélaient une autre vérité qui avait de quoi déranger le nouveau chantre de la lutte contre le réchauffement planétaire : sa propriété aurait consommé, en 2006, vingt fois plus d’électricité qu’une maison moyenne américaine. Une façon d’illustrer que les cordonniers sont souvent les plus mal chaussés …!

Alors, si on peut éventuellement penser que c’est un « bon signe pour la planète » de souligner la menace que les changements climatiques peuvent faire peser sur l’équilibre de l’ordre mondial, attribuer le prix Nobel de la paix à Al Gore me semble plus contestable.