Censure de Facebook en Tunisie : la vraie raison!

 

Depuis le 18 août 2008, la Tunisie bat toute concurrence en matière de cyber-censure. Après les blogs, les sites de partage de vidéos, les sites d’opposition, c’est au tour du site facebook de disparaître sous l’effet des terribles ciseaux d’ « Ammar 404 ».

 

Une fois n’est pas coutume, la presse tunisienne semble se mobiliser pour élucider le mystère de cette nouvelle « coupe numérique » et pour demander que facebook soit de nouveau accessible (elle aurait du se mobiliser aussi pour les blogs, Dailymotion et Youtube). Bien que les moyens d’investigation de la presse tunisienne soient limités, celle-ci fait état de rumeurs qui pourraient expliquer les raisons de cette censure. On évoque ainsi le fait qu’ «un crime crapuleux a[urait] été élucidé en Italie grâce à Facebook» ou bien encore les «éventuelles dérives d’instrumentalisation extrémiste, ce à quoi l’unique antidote semble être la fermeture du site». Les plus hardis de ces journalistes se sont même aventuré à  contacter le Ministère de la Censure et de la Facture numérique  (Ministère des Technologies de la Communication) pour obtenir quelques éclaircissements, mais en vain.

 

Un article paru aujourd’hui dans «La Paresse», la Pravda tunisienne, pourrait pourtant nous éclairer sur les véritables raisons menant au blocage du site de réseau social numérique le plus célèbre au monde. L’article, d’une langue de bois inégalée, nous apprends en effet, que le «Dialogue global avec les jeunes : la Tunisie d’abord», un forum de discussion disponible sur internet, atteindra son apogée le 20 septembre 2008. Ce forum se veut «un espace de pratique démocratique de haut niveau, une première mondiale, qui constitue l’espace idoine à la démocratie de participation, en tant que pratique destinée aux jeunes».

 

Nul doute donc que la censure de facebook n’a d’autres buts que de permettre aux jeunes Tunisiens de participer activement et pleinement à ce prétentieux « dialogue global » dont les résultats, seront certainement déterminants sur l’interminable voie de la réforme et du progrès démocratique. Dans cette optique, des sites comme Facebook, Dailymotion et Youtube, de même que certains éléments de la blogosphère, ne sont que des  attractions futiles pour le cybercitoyen tunisien.

Le Buzz de la semaine : Nicolas le Cyber Sheriff de Sarkozy!

Le Président Sarkozy, héros malgré lui d’innombrables vidéos disponibles sur Internet, semble avoir trouvé la solution: un espion ! Il vient en effet d’engager une nouvelle recrue pour la cellule internet de l’Elysée, Nicolas Princen, jeune membre de l’UMP de 25 ans. Le nouveau travail de ce jeune diplômé de Sciences Po et d’HEC consistera à traquer les fausses rumeurs et tentatives de désinformation à l’encontre de Nicolas Sarkozy. Nicolas Princen avait déjà travaillé pour le Président français en contribuant au site sarkozy.fr lors des dernières élections présidentielles. D’ici les prochaines élections, « l’œil de l’Elysée » n’encourt pas le chômage technique. Source
Voilà une nouvelle fonction qui me laisse totalement perplexe. Il faudra sûrement à ce jeune sheriff aux dents longues développer le don de “cyber-ubiquité” pour pister sur le net toutes les rumeurs ou intox concernant le Président. Et une fois les allégations farfelues et fallacieuses repérées, décidera t’on de poursuivre ? de bloquer? de lancer le contre-buzz au risque de démultiplier l’effet du premier buzz…? Il en faudra bien du courage au jeune Nicolas pour satisfaire son aîné et assumer cette tâche insensée et infinie digne du Tonneau des Danaïdes !! Car s’il lui sera bien difficile de surveiller tout ce qui ce dit et s’écrit sur la toile, nul doute que tous les internautes et blogueurs l’auront à l’oeil !!

Tunisie : Internet, le dernier espace d’expression!

Les bloggeurs tunisiens ont déjà organisé des actions contre la censure et se sont mobilisés contre les entraves faites à la liberté d’expression. Ce mercredi, RSF sous le patronage de l’UNESCO organise la journée internationale pour la liberté d’expression sur internet (ici).
 
À ma connaissance on attend encore le véritable premier bloggeur «martyr» tunisien. Pour l’instant, il semblerait qu’ils se soient contentés de bloquer les sites trop «tendancieux» pour le pouvoir. Mais restons sur nos gardes! Excédés par l’audace des internautes, ils pourraient peut-être s’inspirer des autorités égyptiennes (ici), saoudienne (ici) et marocaine (ici). Car en Tunisie, on connait la technique pour museler les voix dissidentes et dérangeantes : rien de plus simple que de fomenter une machination politico-judiciaire, une affaire de mœurs ou de stupéfiants…

Mercredi 12 mars 2008: Journée pour la liberté d’expression sur internet

Reporters sans frontières (RSF) lance le 12 mars sous le patronage de l’Unesco la première journée internationale pour la liberté d’expression sur internet, a indiqué l’organisation de défense de la liberté de la presse jeudi dans un communiqué.
Pour dénoncer la censure exercée par les gouvernements et réclamer davantage de libertés sur internet, RSF appelle les internautes à se mobiliser du mercredi 12 mars à partir de 11H00 jusqu’au 13 mars à 11H00 sur le site RSF.

 

Les internautes pourront “créer un avatar, choisir le message de leur banderole et prendre part à l’une des cybermanifestations qui auront lieu en Birmanie, Chine, Corée du Nord, Cuba, Egypte, Erythrée, Tunisie, Turkménistan et Vietnam“, indique RSF.
 
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Chine : le ”Journalisme Citoyen” tue

Lorsque Wei Wenhu a vu les forces de l’ordre tabasser des villageois qui manifestaient, à Tianmen (centre), il a sorti son téléphone pour prendre des photos de la scène. Mais il s’est fait repérer, et une vingtaine de policiers se sont rués sur lui.
 
Il a crié qu’il était prêt à effacer ses photos et même à leur donner son téléphone. Rien n’y a fait. Wenhu a été si violement battu qu’il est mort à l’hôpital le jour même, le 7 janvier dernier. Cet incident déchaîne la colère des blogueurs, qui multiplient les hommages à ce «journaliste citoyen». Les autorités, sous pression, ont décidé de diligenter une enquête sur cette bavure. Elles ont même renvoyé le responsable des forces de police de la ville.

Dans un pays où les médias sont largement censurés, ce type de scandale éclate le plus souvent sur Internet.

Cliquez ici pour voir quelques exemples de vidéos et photos postées par ces « journalistes citoyens ».

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Chiffres de la semaine : "cyber-policiers" pour "cyber-censure"

Selon les chiffres annuels publiés mercredi par Reporters Sans Frontières (ici):
  • 2676 sites web ont été fermés ou suspendus en 2007 à travers le monde.
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  • 37 blogueurs ont été interpellés en 2007, 21 autres agressés, et 65 cyberdissidents sont toujours emprisonnés, dont trois Chinois incarcérés depuis 1999.
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La Chine, pionnière en matière de cyber-répression, est en effet toujours en pointe, avec une avance «incontestable». Principal fait d’arme de l’Empire du Milieu en 2007, une vague sans précédent de fermeture de sites : 2.500 ont été fermés avant et pendant le 17e Congrès du Parti communiste chinois. Un «black-out» qui a toute les chances de se répéter à l’approche des Jeux Olympiques de Pékin en 2008.

RSF a ainsi noté six cas de blocage de la plateforme de vidéo française Dailymotion en Tunisie, où il figure parmi le top 15 des sites les plus fréquentés. Interrogé par lefigaro.fr, Martin Rogard, directeur des contenus du site, confirme avoir « constaté des problèmes d’accès depuis la Tunisie » et assure qu’aucun problème technique propre à Dailymotion ne saurait expliquer ces coupures. Reste qu’il est très difficile de prouver qu’il s’agit de cas de censure délibérée.

Le blocage de ces sites «2.0» participe à l’objectif ultime des ennemis du web libre, transformer «internet» en «intranet». RSF estime en effet que «des gouvernements comme la Chine, la Birmanie ou la Syrie tentent de faire du Web un réseau limité aux seuls échanges à l’intérieur du pays».

Source : Le Figaro