“L’Express international” : Quand les gouvernements cèdent à la peur de l’intégrisme et choisissent la censure !

 

  Les deux couvertures de l’Express : à gauche la couverture de l’édition France, et à droite celle de l’édition internationale.

 

Les autorités tunisiennes ont indiqué avoir saisi un numéro de l’hebdomadaire français “L’Express international” pour atteinte à l’islam, une mesure similaire ayant déjà été annoncée au Maroc.

 

“Le numéro 2991 de l’hebdomadaire en date du 30 octobre au 5 novembre comportait un dossier portant atteinte à la religion islamique, aux croyances et aux sentiments des musulmans” a-t-on indiqué de source officielle à l’AFP.

 

Cette interdiction a été effectuée en vertu de l’article 25 du Code de la presse tunisien, a-t-on ajouté de même source.

 

Cet article autorise l’interdiction des “œuvres étrangères, périodiques ou non” par le ministère de l’Intérieur sur avis des instances politiques en charge de l’information.

 

Le ministère marocain de la Communication avait annoncé vendredi dernier l’interdiction d’entrée au Maroc du numéro incriminé de l’hebdomadaire français à cause d’un dossier portant “atteinte à l’islam”.

 

L’Express faisait sa couverture avec “Le choc Jésus-Mahommet, leur itinéraire, leur message, leur vision du monde” et publiait un dossier rédigé à l’occasion d’une réunion de dignitaires catholiques et musulmans, le 4 novembre à Rome, pour “aider le dialogue entre l’islam et le christianisme”.

 

Parmi les six articles, consacrés notamment à ce qui sépare les deux religions, l’un est titré “Jésus, le message rebelle”, un autre “Mahomet, prophète et guerrier”.

 

Interrogé à Paris par l’AFP, Christian Makarian, directeur délégué de la rédaction et auteur du livre “Le choc Jésus-Mahomet” a affirmé avoir “ménagé la sensibilité religieuse au Maghreb”.

 

“Afin de ménager la sensibilité religieuse au Maghreb, nous avons changé la couverture de l’édition internationale qui porte un visage de Mahomet caché, conformément à l’usage islamique. Et malgré cette attention particulière nous sommes saisis. Je ne comprends pas”, avait-il affirmé.

 

Selon lui, le dossier parle du “rapport conflictuel” que peut avoir l’islam avec les autres religions, mais ne contient “nul part de propos offensants” sur cette religion.

 

Source : Le Monde

 

Valable pour toutes les religions….A méditer !

 

 « Les croyants conçoivent généralement la religion comme quelque chose de saint ou de sacré, quelque chose de constant. Vous n’en pouvez pas parler du changement ou de l’évolution du savoir religieux. Ils se cramponnent à l’idée de fixité. Mais comme je l’ai démontré dans mon travail, nous devons faire la distinction entre la religion d’un côté et l’interprétation religieuse de l’autre. Ceux qui défendent l’idée de fixité dans la religion ne sont pas pleinement conscients de l’histoire de l’Islam, ou, tout aussi bien, de celle des autres religions. L’islam est une série d’interprétations de l’Islam. Le christianisme est une série d’interprétations du christianisme. Et puisque ces interprétations sont historiques, l’élément d’historicité est là.  C’est pour cela que vous devez avoir une bonne connaissance de l’histoire de l’islam. Aller directement au Coran et aux hadiths, ne vous donnera pas grand-chose. Vous devez aller à l’histoire et, de là, revenir au Coran et au hadith afin de mettre l’interprétation dans son contexte historique ».

Abdul Karim Soroush, penseur musulman contemporain.

Émeutes au Maghreb : un profond malaise social et un sentiment d’injustice

Les récentes émeutes (ici et ), durement réprimées par les autorités, dépeignent une triste réalité. Les chiffres officiels du chômage parlent d’eux-mêmes. Ils s’élèvent respectivement au Maroc, en Algérie et en Tunisie ? 9,7% 13,8% et 14,1% en 2007. Mais pour Kamel Chachoua, ces chiffres sont « en deç? de la réalité » et ne prennent pas en compte le réel malaise social du Maghreb.
Kamel Chachoua, chargé de recherche à l’Institut de Recherche et d’Etudes sur le monde arabe et musulman (IREMAM) explique, pour Afrik.com, le mal-être de millions de Maghrébins d’aujourd’hui, les réactions inadaptés des autorités et les conséquences du chômage sur une société en pleine métamorphose. Voici quelques extraits forts intéressants de cette entrevue (ici):
Afrik.com : Les manifestations, ou émeutes, qui ont eu lieu en Tunisie et au Maroc récemment sont-elles le fruit du seul chômage ?
Kamel Chachoua : Je parlerais plutôt d’émeutes car elles sont spontanées au départ et ne sont pas organisées sur une thématique en particulier. Plus que le chômage, elles découlent d’abord d’un profond malaise social et d’un sentiment d’injustice en raison du fort taux de corruption et du népotisme. Il ne s’agit plus seulement de jeunes chômeurs qui vont protester mais des femmes, des retraités, des travailleurs précaires. Malheureusement, beaucoup savent bien, par pessimisme, que le problème pour lequel ils sont dans la rue ne se réglera pas dans les mois ni même dans les années ? venir. Alors ils essaient de tenir le plus longtemps possible, comme en Tunisie, pour tenter de faire fléchir les autorités. Pour l’instant, sans succès.
Afrik.com : Mais pourquoi les États se sentent obligés de réprimer ces protestations ?
Kamel Chachoua : Dès qu’il y a émeute, l’État est obligé de démontrer sa force et montrer qu’on ne peut pas faire tout ce qu’on veut. Dans le cas contraire, ça pourrait être la porte ouverte à leur perte. C’est donc devenu un automatisme étatique. La Tunisie est de loin la plus répressive des pays du Maghreb car la misère sociale s’est accentuée alors même que le pays est l’un des plus développé du continent sur le plan économique. L’État veut aussi conjurer la violence islamiste. La société, qui croyait que l’ennemi n’était qu’extérieur, découvre ces dernières années que le danger peut venir du voisin. L’État veut contrôler chacun des actes qu’ont lieu dans son territoire, ce qui revient à suspecter tout le monde sans distinction. Pour sa propre sécurité, elle lance donc des répressions générales et aveugles. Les autorités qui répriment se trouvent face à leurs échecs et sentent que ces manifestations visent d’abord le pouvoir plus que les revendications pour lesquelles les gens sont descendus dans la rue.
Afrik.com : Quelles solutions proposez-vous pour réhabiliter l’image du travail et résorber le chômage ?
Kamel Chachoua : Réhabiliter le travail, c’est réhabiliter la société toute entière. Et le chômage ne se résorbera pas avant longtemps. C’est très grave mais en même temps c’est tant mieux car, à l’avenir, la multiplication des problèmes sociaux permettra aux populations d’être plus crédibles dans leurs revendications et d’obtenir des droits politiques par des revendications socio-économiques. C’est un espoir politique qui se présente. A mon avis, il faut rendre au travail et à ceux et celles qui le font toute sa dignité, mieux payer les travailleurs ou encore créer une culture du travail plus crédible. Les jeunes découvrent le travail par le chômage et c’est propre à la société du Maghreb. Cependant, réprimer le travail au noir n’est pas la meilleure des solutions car l’économie informelle prend une grande place au Maghreb. Dans les faits, on ne peut discuter sérieusement du chômage et des revendications actuelles des chômeurs que si une réflexion globale sur la société est engagée.

Revue de presse : Maghreb en ébullition

Troubles sociaux meurtriers au Maroc et en Tunisie

” Des violentes émeutes ont éclaté ces derniers jours à Sidi Ifni et Gafsa, localités situées respectivement au Maroc et en Tunisie. C’est le chômage, couplé à l’absence de perspectives, qui a conduit, les 6 et 7 juin, des chômeurs à descendre dans les rues de ces deux petites villes, perdues à des centaines de kilomètres au sud de Rabat et de Tunis. “
” Les mineurs de Redeyef se plaignent d’être otages d’un potentat local qui est à la fois patron, délégué syndical et député du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti au pouvoir. Ils accusent également la police de se livrer régulièrement à des provocations et ? des pillages. Les femmes sont aux premières loges de ce combat contre le pouvoir. Fait exceptionnel : elles étaient nombreuses, samedi, à assister à l’enterrement du jeune tué la veille par la police.

La rue gronde au Maghreb

” Comme s’ils se sont passé le mot, les jeunes du Maghreb investissent la rue pour éructer leur colère d’être des éternels laissés-pour-compte.”

” Qu’ils soient Algériens, Marocains ou Tunisiens, les jeunes révoltés n’ont désormais qu’un seul exutoire : la rue. Moralité, les maux de la jeunesse au Maghreb n’ont pas de nationalité. A défaut d’une union maghrébine qui aurait pu booster les économies des trois pays, on assiste plutôt à la « naissance » d’un rassemblement maghrébin de la colère. C’est le terrible boomerang de la jeunesse de la région aux régimes des trois pays. “

Le front social gronde en Algérie, au Maroc et en Tunisie

” Si les pays du Maghreb ont échoué à réaliser leur union, ils ont néanmoins réussi à avoir un dénominateur commun : semer le désespoir parmi les populations.”

Ps : l’illustration est une caricature modifiée publiée dans Bakchich

Le Maghreb en quelques maux

 

Malaise social

Autoritarisme

Gangrène islamiste

Harka

Répression et censure

Emigration des élites
Bureaucratie et corruption

 

Chômage des Maghrébins: «Une honte pour le Québec»

Il y’a quelques mois, le quotidien La Presse de Montréal a publié un dossier intéressant sur les obstacles que rencontrent les Arabes du Québec pour décrocher un emploi (ici). Aujourd’hui, le même quotidien un autre article sur le même sujet intitulé Chômage des Maghrébins: «Une honte pour le Québec»
Dans l’article on apprend que « les maghrébins forment le groupe le moins choyé à ce qui a trait au marché du travail. Alors que le taux de chômage de la population en général est à 7% au Québec, pour les Maghrébins, la situation est toute autre avec un chiffre qui frôle les 28% pour les immigrants qui sont ici depuis moins de cinq ans. »
La communauté maghrébine blâme notamment «l’inaction» du gouvernement face à ce problème. Quant aux raisons de cette «exclusion», les intervenants refusent de jouer la carte du racisme. On indique que les immigrants maghrébins sont trop qualifiés pour les emplois offerts : 45% ont des qualifications universitaires techniques contre 31% pour la population en général.

Pour tous ceux qui pensent encore que le Québec est un eldorado, il est temps de faire tomber le mythe et de briser le miroir aux alouettes! Le « passeport » pour une vie meilleure n’est pas assuré. Les sacrifices de l’expatriation en valent-ils la peine? Pas sûr, à moins d’avoir un projet professionnel sérieux et fiable qui l’attend, l’immigrant doit réfléchir à deux fois et évaluer s’il s’agit effectivement d’une opportunité.

La politique d’immigration tel qu’elle est actuellement mené par le Canada et par le Québec ne permet pas d’atteindre les objectifs qui lui sont assignés. Pourquoi accepter des gens surqualifiés pour les postes à pourvoir? L’intégration doit-elle se faire au prix d’une déqualification?

Maghreb : la Mauritanie un exemple à suivre…

Le 25 mars 2007, la Mauritanie a élu pour la première fois depuis l’indépendance en 1960, son président. Le nouveau chef d’état, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi a été élu à 52,89 %. Et oui, j’ai bien dit 52,89% !!!!!!!
 
Parmi les priorités du nouveau gouvernement : une application “stricte” des dispositions constitutionnelles relatives à la séparation des pouvoirs, la consolidation de l’unité nationale, la refondation de l’Etat, l’ancrage de la culture démocratique, la moralisation de la vie publique, la croissance économique et la lutte contre la pauvreté. On espère que ce ne sont pas que des effets d’annonce…
 
Fait nouveau qui retient l’attention: le gouvernement mauritanien a adopté lors de sa deuxième réunion, début mai, une décision exigeant du Président de la République, du Premier Ministre et des ministres, de faire la déclaration de leur patrimoine. Cette mesure a été élargie par la suite aux secrétaires généraux des ministères.
 
Un exemple que bien d’autres seraient bien inspirés de suivre mais même les plus optimistes se doutent que ce n’est sans doute pour demain ???…