Les Justiciers Masqués qui officient tous les après-midi dans une émission de radio montréalaise au 96,9 CKOI FM ont piégé la colistière de John McCain, Sarah Palin. Les deux humoristes québécois se faisaient passer pour le président Nicolas Sarkozy qui lui-même avait été piégé par ce duo (voir ici).
Ce lundi débute la visite en France du Dalaï Lama. Une visite qui a déjà fait couler beaucoup d’encre, Nicolas Sarkozy ayant en effet fait savoir qu’aucune rencontre n’était prévue avec le chef spirituel et politique tibétain.
Comment se fait-il que dans le marchandage diplomatique et politique que se livrent les Occidentaux et les Chinois, le Président français soit le seul qui cède à la pression des dirigeants de Pékin ? Faut-il rappeler qu’Angela Merkel, Gordon Brown et même George W. Bush ont été plus courageux à cet égard ?
Est-ce réellement pour attendre que la pression ne retombe et éviter de provoquer le gouvernement chinois au moment où se déroulent les JO, considérant que cela n’amènerait qu’un durcissement de leur position et même un risque de représailles à l’encontre du peuple tibétain?
Ou cela révèlerait-il l’impuissance et l’insignifiance dans laquelle la politique étrangère française se confond désormais ? Et pourtant, Sarkozy, comme tous les présidents de la Vème République après de Gaulle, tentent de perpétuer le mythe désuet de la puissante diplomatie française.
En s’envolant cette semaine pour Moscou, Nicolas Sarkozy pourra t’il faire entendre la voix de la France en portant celle de l’Union européenne auprès du Kremlin au sujet du conflit qui s’engage dans le Caucase entre Russes et Géorgiens à propos de l’Ossétie du Sud ? Rien n’est moins sûr tant la diplomatie européenne confine elle-même le plus souvent aux bredouillements et à la cacophonie.
” Nicolas Sarkozy a “une analyse ? courte vue” sur la Tunisie, lourde de conséquences. Ceux qui pâtissent le plus du régime Ben Ali “ne sont pas les terroristes, mais les démocrates tunisiens”. Une telle politique ne fait que “renforcer la montée de l’extrémisme”. “
Il est vrai que dans le subconscient de certains esprits rêveurs d’un ordre anachronique révolu, le développement et le progrès sont exclusivement réservés ? une certaine race. (Justement, il eut fallu s’indigner devant les déclarations de Sarkozy et sa vision de nous faire ressortir les vieux arguments du néocolonialisme et du racisme quand on ose sortir des panégyriques lénifiants, c’est foncièrement malhonnête)
Toutefois, cette fixation haineuse sur la Tunisie (Faut pas exagérer non plus, la Tunisie est loin d’être le nombril de l’actualité française ces jours derniers) dépasse l’imaginaire puisque ces médias non seulement refusent de voir notre pays se développer, progresser et se moderniser (Tout simplement faux, la quasi-totalité des papiers et reportages tentent de mettre en balance le développement économique, les droits des femmes et de l’autre l’immaturité politique du régime tunisien) mais ils veulent nous imposer de nouvelles règles internationales visant à porter préjudice à l’honneur des uns et des autres et ? accuser les Etats et les institutions sans que ces accusés ne puissent se défendre (non sans rire, l’État est une victime).
Ces médias préfèrent, au nom des droits de l’Homme et de la société civile, que les extrémistes tunisiens (tiens, c’est marrant, on dirait que le modèle chinois inspire aussi dans le registre linguistique!) de tous bords ne représentent que virtuellement en tant que fonds de commerce, instrumentaliser ces pseudo-militants pour, bien entendu, laisser croire à leur opinion que la Tunisie viole les droits de l’Homme.
Les Tunisiens ont appris avec le Président Ben Ali à compter sur eux-mêmes pour forger leur destin (Tu m’étonnes….il vaut mieux savoir se débrouiller vu comme le système est verrouillé et gangréné; les Tunisiens sont des vrais débrouillard car on ne pas vraiment faire confiance aux institutions), marcher la tête haute et refuser toute ingérence dans leurs affaires intérieures que eux seuls peuvent négocier, réformer ou parfaire. Il y va de la souveraineté et de l’invulnérabilité de la mère patrie.
Ainsi, après le fameux «kärcher», et le célèbre «racaille» qui avaient fait couler tant d’encre, il y aura désormais l’incontournable : «casse-toi, pauvre con!». La question est donc posée : même après avoir désacralisé la fonction présidentielle, le chef de l’État peut-il se laisser aller à lâcher en public une insulte destinée à un CONcitoyen ?
Alors qu’il était dans la tourmente et que les sondages semblaient révéler un véritable problème de la personnalité Sarkozy auprès des Français, on aurait pu s’attendre à plus de réserve et de discrétion. Bref, un retour à la modération paraissait inéluctable en prévision des échéances municipales. Mais c’est manifestement plus fort que lui, Nicolas est décidément incontrôlable !
Il y a plusieurs mois, avant même que la campagne présidentielle ne soit entamée, j’avais émis l’opinion que «kärcher», «racaille», n’étaient pas des «dérapages» et que l’homme habile communiquant cherchait seulement à distiller de manière constante et insistante son message afin de séduire son électorat. Je me demande aujourd’hui, si je ne me suis pas trompée car il se peut qu’il soit tout simplement un impulsif invétéré.
Ce dérapage verbal vient donc s’ajouter à tous les récents «couacs » de la communication de l’appareil présidentiel et gouvernemental sur des dossiers plus sérieux: la laïcité, la sortie de sa directrice de cabinet sur le « non problème » des sectes en France, etc… Toutes ces fausses notes ne sont–elles pas la preuve que non seulement la machine à communiquer de l’Élysée s’enraye mais que le chef de l’État perd le contrôle et son sang froid? N’est-on pas en droit d’attendre d’un Président de la République, qui prône le retour du respect et de la morale à l’école, davantage que ce laisser aller vulgaire et insultant…?
Affirmer que « Dieu unique et transcendant est dans le cœur de chaque homme, et qu’il ne l’asservit pas mais le libère », voilà une déclaration qui outrepasse la réserve que l’on attend traditionnellement du chef de l’État français sur ce registre. On ne badine pas impunément avec la laïcité surtout à l’heure actuelle où certains élans communautaristes ne demandent qu’à (re)ssurgir pour mettre à mal l’esprit républicain et laïc du vivre ensemble, déjà bien malmené depuis plusieurs années. Justement, le problème est bien là : le spectre du communautarisme continue de hanter le Sarkozysme…
Tout semble montrer que le Président n’a finalement pris à son compte qu’une seule dimension de la laïcité : celle qui garantie la liberté de culte. Ne sait-il pas que la laïcité, c’est aussi, il me semble, outre la séparation de l’Église et de l’État, la liberté de croire ou de ne pas croire? Rêve t’il d’importer le modèle américain qui fait de la croyance en Dieu, le fondement du lien social ? Dans un cadre français qui a expurgé de l’espace public toutes références religieuses et relégué les aspirations spirituelles à la sphère privée, c’est un projet irréaliste et politiquement risqué dans un pays où les agnostiques et les athées représentent près de la moitié de la population.
Plus le temps passe, plus il me semble que les errements de la présidence Sarkozy témoignent de ce que cet animal politique est philosophiquement et culturellement limité. Peut-on espérer que sa muse, que l’on dit brillante et érudite, saura lui inspirer plus de sagesse ? Pas sûr…