“Pendant 400 ans, ces gens qui sont partis d’ici pour s’installer au Canada ont résisté pour conserver la langue française malgré les répressions et les morts. C’est une histoire de grandes réussites, mais aussi de grandes souffrances. Que l’on puisse aujourd’hui commémorer notre histoire commune nous apprend que derrière, il y a eu du courage, de l’énergie, de la volonté», a soutenu Mme Royal, en comparant le combat des émigrants en Nouvelle-France à celui des Tibétains. “
Voilà une belle manière de se distinguer de son désormais grand rival au poste de Secrétaire général du PS, Bertrand Delanoë. Tandis que le maire de la capitale fait du Dalaï Lama, un citoyen d’honneur de la Ville de Paris, la Présidente de la région Poitou Charente ridiculise la cause tibétaine en se laissant aller à une comparaison anachronique et totalement inepte qui révèle un goût prononcé pour l’exagération, quitte à faire dans le ridicule!
Je n’ai pas lu son livre “bilan”, mais en attendant, pas l’ombre d’une autocritique dans cette interview ! Même concernant sa bourde sur la souveraineté du Québec.
Ségolène Royal a conclu cet entretien en déclarant qu’elle serait au premier rang de la rénovation de la gauche et du PS.
Et bien il serait temps de s’y mettre et de cesser les petites querelles intestines, car si on en croit le dernier sondage CSA (ici), plus de la moitié des Français estime que les interventions et prises de position du PS “vont plutôt dans le mauvais sens”.
A l’heure où la machine Sarkozy commence à se gripper, il faudrait que l’opposition se réveille et joue pleinement son rôle pour le bien de tous.
Aussitôt, la Chef péquiste a du s’expliquer. Et pourtant, Pauline et Ségolène s’étaient si bien entendues pour reconnaître ensemble la difficulté d’être une femme en politique. Pauline n’avait pas imaginé que la solidarité féminine devait souffrir les propos mal rapportés et déformés d’une femme politique décidément maladroite.
La première fois, l’élève Royal démontrait sa méconnaissance du sujet en appréciant mal la signification et la portée du terme souveraineté. La deuxième fois, elle fait montre d’une incompréhension patente dudit sujet et de ce que ses interlocuteurs lui explique, en plus de n’avoir pas appris la leçon qui veut comme l’avait dit le premier ministre canadien Stephan Harper que «l’expérience enseigne qu’il est tout à fait inapproprié pour un leader étranger de se mêler des affaires démocratiques d’un autre pays», … rien d’étonnant qu’elle fut recalée à l’examen.
Finalement, ce vieil éléphant de Jospin n’a peut être pas eu tort de mettre en doute ses “qualités humaines” et ses “capacités politiques”et de dénoncer l’ “illusion” Royal. Une idée que la cinglante Nathalie Petrowski, chroniqueuse à La Presse de Montréal, exprimait également à sa manière et de sa plume trempée l’acide :
« Ils (les étudiants de l’UDM) avaient en partie raison. C’est vrai que Ségolène est cool, mais plus au sens frigorifique du terme. De près comme de loin, elle n’est pas la plus chaleureuse des femmes. Malgré son charisme indéniable et sa beauté de madone, il y a un fond de raideur militaire en elle et une propension à évincer brutalement tout ce qui ne sert pas ses intérêts et son image ».
Mais à peine débarquée, c’est l’actualité de l’héxagone qui l’a rattrapée et les virulentes critiques qui lui sont adressées par Lionel Jospin, dans un livre à paraître prochainement. L’ancien Premier Ministre n’a pas hésité pas en effet à mettre en doute ses “qualités humaines” et ses “capacités politiques”.
A priori, on pourrait lui objecter qu’il n’est sans doute pas le mieux placé pour faire de telles critiques; lui, qui n’a pas su franchir le seuil du 1er tour des élections présidentielles en 2002. Mais de là , à qualifier ses propos de «sexisme» qui s’apparente au « racisme», cela confine au ridicule !
Voilà qui ferait plaisir à Sylviane Agacinsky, compagne de Lionel Jospin, fervente partisane de la parité en politique ! Comme elle, je considère que se réfugier de façon systématique dans un discours de victimisation conduit à revendiquer un « sexisme à l’envers»! Puisque Ségolène Royal est une femme, faudrait-il lui passer toutes ses bévues et la dédouaner de ces échecs dont les «autres », hostiles, méprisants et sexistes sont nécessairement responsables?
Pour se défendre contre cet «acharnement», Ségolène Royal a également donné dans le lyrisme mystique. Se comparant à Jeanne d’Arc, idole que tant de «vilains» socialistes voudraient voir monter au bûcher ou reprenant les paroles du Christ : «Pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font»…Ce faisant, la «Madonne» condamnerait –elle, à moyen terme, les ambitions présidentielle de toute candidate femme ?
A l’occasion de sa déclaration, on aura noté que Ségolène Royal ne s’est pas privée de tacler Laurent Fabius au passage car elle le désigne nommément comme le premier défenseur d’un SMIC à 1500 euros, idée qu’elle semble désormais juger saugrenue. Une autre manière de ne pas prendre sa propre part de responsabilité dans une défaite qu’elle n’a jamais reconnue. Quant à la généralisation des 35 heures, elle n’était pas une proposition plus crédible, et ce alors que la candidate avait soutenu que «bien des gens avaient alors trouvé davantage de temps pour s’occuper de leur famille!» (débat de l’entre deux tours)
Et pourtant qui se souvient encore que Madame Royal voulait incarner une nouvelle forme de politique afin d’enrayer la crise de représentativité qu’elle avait diagnostiquée et contre laquelle elle préconisait la démocratie participative qui devait servir de remède. Finalement, on s’aperçoit que la manipulation et l’hypocrisie sont aussi le fait de celle qui prétendait afficher la candeur et la blancheur du renouveau politique. Ségolène aurait-elle donc trahi ses promesses de campagne si elle avait été élue ?
Qui se souvient de cette femme qui se prétendait «libre», slogan, devenu gimmick de campagne ; malheur pour ses électeurs, ils découvrent qu’elle n’était finalement qu’une femme enchaînée, malgré elle, au dogme «archaïque» d’un parti qu’elle ambitionne cependant aujourd’hui de conquérir !
La preuve en images des contradictions «Royal (es)» :
Ségolène Royal critique son programme présidentiel
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On retient également la défaite quasi surprise d’Alain Juppé que les électeurs de Bordeaux ont désavoué en élisant au palais Bourbon sa rivale socialiste, Michèle Delaunay; il paye peut-être un retour d’exil Québécois trop bien orchestré, voire arrogant. Quoiqu’il en soit, il devra tirer les conséquences et démissionner du gouvernement. Cette sanction électorale le conduira t-il également à quitter la mairie de Bordeaux? Reprendra t-il un vol transatlantique pour retrouver la douceur de vivre montréalaise et le soutien des Québécois?
Autre fait marquant de la soirée, c’est évidemment l’officialisation de la rupture entre Ségolène Royal et François Hollande, ce qui met ainsi fin ? 37 ans de vie commune. Les dissonances politiques du couple apparues lors de la campagne présidentielle cachaient mal ce secret de polichinelle dont le petit monde politico médiatique se faisait l’écho. En annonçant, sa prétention au titre de Premier Secrétaire du PS, la «femme fatale» gagne sa complète «émancipation»; une démarche amorcée lorsqu’elle a décidé de se porter candidate à l’investiture socialiste pour les présidentielles; une décision que l’on a rapportée comme motivée par des velléités de petite revanche personnelle et intime …bref, la fin d’un cycle ou plutôt le commencement d’un autre, qui pourrait être également le symbole d’un renouveau nécessaire pour son parti dont on doit souligner, ce soir, la défaite, la cacophonie ambiante et l’impératif de remise en cause idéologique et stratégique.