Censure en Tunisie : Oum Ziad entendue au palais de justice

Le ministère tunisien de l’Intérieur a déposé une plainte contre la rédactrice en chef du site internet Kalima pour “allégations contraires à la loi”. La journaliste avait publié un article attribuant aux autorités tunisiennes une attaque informatique contre son site.

 

 La journaliste tunisienne Oum Ziad, rédactrice en chef du site internet Kalima, a été entendue mardi 27 octobre 2008 par le substitut du procureur au palais de justice de Tunis, apprend-on sur le site internet de Reporters sans frontières (RSF).

 

En l’absence de ses avocats, la journaliste a refusé de commenter ses écrits devant le magistrat. Une plainte a été déposée contre elle par le ministère tunisien de l’Intérieur pour “allégations contraires à la loi”. Oum Ziad avait publié un article dans lequel elle avait fait porter aux autorités tunisiennes la responsabilité de l’attaque informatique qui avait ciblé, le 8 octobre dernier, le site Internet de Kalima.

 

“C’est moi qui étais visée”

 

Le ministère de l’Intérieur a également interdit la distribution de l’hebdomadaire Mouwatinoun qui avait reproduit l’article de la journaliste dans sa dernière édition.

 

“J’ai tout de suite compris que c’était moi qui étais visée”, a déclaré vendredi 24 octobre Oum Ziad, interrogée par nouvelobs.com. Le jour même de la saisie de l’hebdomadaire, elle recevait en effet sa convocation devant le substitut du procureur, dans “le bureau spécialisé dans les délits de presse et la poursuite des opposants”.

 

“Kalima et Mouwatinoun font partie des rares publications tunisiennes qui échappent à la main-mise exercée par le régime sur les médias locaux. Nous appelons les autorités tunisiennes à mettre un terme à leur acharnement contre les voix indépendantes de la presse privée”, a déclaré Reporters sans frontières.

 

Représailles

 

Les pressions du régime ne sont pas nouvelles pour Oum Ziad, devenue, au fil du temps, un symbole de la résistance à l’autorité en Tunisie. Mais elle reconnaît qu’elles vont “crescendo”.

 

En 1989, elle a travaillé pour le journal El Ray, symbole de la presse indépendante en Tunisie. Dans un de ses articles, Oum Ziad mettait en doute un discours de Ben Ali, élu quelques semaines auparavant, qui promettait la démocratisation. Résultat: le journal est saisi et supprimé. Oum Ziad n’écrit plus une ligne, jusqu’à l’apparition de Kalima.

 

En 1999, quelques journalistes veulent s’opposer au contrôle et à la censure de la presse et créer leur journal indépendant. Les autorités refusent mais qu’à cela ne tienne, les fondateurs de Kalima profitent d’un vide juridique et lancent Kalima sur internet. Avec deux principes phares: la liberté et l’indépendance. Les pressions commencent sur le journal et ses collaborateurs : encerclement des locaux, coupure d’internet, agression des collaborateurs…

Rompre le silence

 

Oum Ziad écrit toujours. Pour être lue, malgré le site bloqué, l’équipe de Kalima imprime “de temps en temps, quand ils en ont les moyens” et distribue en toute illégalité des “samizdats”, bulletins d’information qui offrent le même contenu que le journal en ligne.

 

“Ben Ali a imposé le silence absolu à tout le pays. On ne va pas réussir à faire bouger tout un pays paralysé”, reconnaît-elle. Elle avoue son peu d’espoir. Et les élections en 2009 ne vont, selon elle, rien y changer. “Ben Ali insiste pour rester en place. Pour moi, c’est le plus mauvais président qui soi. Il va avoir encore un autre mandat pour imposer son style musclé, sa répression aveugle, la corruption du régime qui est de notoriété publique”. Pour l’instant, elle se concentre sur les jours à venir, ses avocats à consulter, son mari à faire sortir de prison. Mais garde espoir, stoïque : “Wait and see”, conclut-elle.

 

Source

 

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France-Tunisie : les sifflets de la honte

 

Après 3 semaines de vacances en Tunisie, Cosmauxpolis sort de sa courte hibernation pour exprimer la colère de ses auteurs devant les derniers évènements du Stade de France, lors de la rencontre amicale France-Tunisie. Sans  doute, parce que pour une famille franco-tunisienne, l’indignation est ressentie de manière encore plus forte car elle porte atteinte non seulement à l’image des Tunisiens, mais encore plus à celle des franco-tunisiens qui sont  loin d’être tous à jeter dans le panier de la « racaille ».

 

Ce genre de spectacle est tout simplement affligeant et fait encore passer les soi-disant amoureux du ballon rond pour des crétins sans cervelle. Plus que jamais les stades de foot deviennent, semble t’il, des exutoires pour frustrés.

 

Mais qui sont les auteurs de ces sifflets honteux ? Des Tunisiens ? Des Français d’origine tunisienne ou plus largement maghrébine ? Doit-on se résigner devant la bêtise et l’indigence intellectuelle de ces trublions des stades ?

Et si l’on tente d’expliquer cette attitude minable, prière de ne pas nous ressortir l’argument fallacieux de l’échec de l’intégration des 2éme et 3éme générations d’immigrés ou pire l’idée farfelue que ces enfants d’immigrés, verraient dans ces affrontements amicaux l’occasion d’une revanche, fut-elle sportive, contre l’exploitant colonial qui méprisa leurs ancêtres !!!!!

 

Certes, ces sifflets sont sans doute révélateurs du fait qu’on ne règle pas si facilement la question identitaire de la double appartenance; de la difficulté d’être perçu chez soi comme un étranger, et de se sentir profondément étranger en rentrant voir les cousins du bled et s’y faire traiter de « Roumi ». Mais tant d’irrespect est tout simplement inexcusable. Ce n’est pas faire preuve de chauvinisme que de le dire, à peine de patriotisme et après tout, le patriotisme n’est pas une grossièreté et ce n’est ni l’apanage de l’extrême droite, ni celui de la droite sarkozyste. Il n’est pas honteux d’aimer et d’encourager « sa », « notre » France, faite par tous, y compris par ceux qui semblent ne pas vouloir reconnaître qu’ils y participent… sans doute une difficile question psychanalytique à régler.

La Presse Tunisienne: Championne olympique de la lèche

 

 

À l’occasion de son 72ème anniversaire, le président tunisien a offert un joli cadeau à ses citoyens : il a fait lever la censure sur Facebook. Mais ce qui est plus hallucinant encore dans cette Tunisie ubuesque  c’est ce petit bijou de flagornerie de la Pravda tunisienne :

 

Aujourd’hui, 3 septembre, c’est l’anniversaire du Président Zine El Abidine Ben Ali. Un jour d’anniversaire qui est, dans la pensée de notre Président, un jour comme les autres, consacré au service de sa patrie et de ses compatriotes, pour davantage de progrès, de prospérité et d’invulnérabilité de la nation.

C’est que, constituant pour toutes les Tunisiennes et tous les Tunisiens un exemple d’abnégation et de dévouement, le Président Ben Ali a fait de l’effort et du travail de véritables valeurs cardinales.

Et c’est précisément grâce à ces vertus et à l’enthousiasme qu’elles ont suscité depuis le Changement du 7 novembre 1987 que la Tunisie continue à engranger quotidiennement des conquêtes significatives et avérées dans tous les domaines, faisant de notre pays un modèle dont ne cessent de s’inspirer de nombreux pays dans le monde.

A l’heure où tous les Tunisiennes et les Tunisiens accueillent avec bonheur et fierté l’acceptation du Président Ben Ali de présenter sa candidature à l’élection présidentielle de 2009 et à l’heure où le pays s’apprête à célébrer le 21e anniversaire du Changement, la Tunisie envisage l’avenir avec confiance et sérénité, cultivant des desseins exaltants pour réaliser de nouvelles conquêtes, inspirés par le leadership de leur Président, un grand homme d’Etat aux qualités humaines et morales exceptionnelles.

Joyeux anniversaire Monsieur le Président et tous nos vœux de bonheur, pour que notre pays puisse conquérir, sous votre conduite éclairée, d’autres progrès et marquer de nouvelles avancées vers la prospérité et l’invulnérabilité. Une Tunisie sans cesse stable, en pleine croissance, moderne, solidaire et rayonnante.

 

L’auteur semble avoir épuisé le dictionnaire des qualificatifs élogieux. C’est un texte  tellement dithyrambique que cela en devient suspicieux. Ces journaleux-cireurs de pompe auraient pu faire preuve d’un peu plus de subtilité, cela n’aurait donné que plus de crédibilité à leurs louanges, à moins qu’ils ne soient les rois du second degré…

Censure de Facebook en Tunisie : la vraie raison!

 

Depuis le 18 août 2008, la Tunisie bat toute concurrence en matière de cyber-censure. Après les blogs, les sites de partage de vidéos, les sites d’opposition, c’est au tour du site facebook de disparaître sous l’effet des terribles ciseaux d’ « Ammar 404 ».

 

Une fois n’est pas coutume, la presse tunisienne semble se mobiliser pour élucider le mystère de cette nouvelle « coupe numérique » et pour demander que facebook soit de nouveau accessible (elle aurait du se mobiliser aussi pour les blogs, Dailymotion et Youtube). Bien que les moyens d’investigation de la presse tunisienne soient limités, celle-ci fait état de rumeurs qui pourraient expliquer les raisons de cette censure. On évoque ainsi le fait qu’ «un crime crapuleux a[urait] été élucidé en Italie grâce à Facebook» ou bien encore les «éventuelles dérives d’instrumentalisation extrémiste, ce à quoi l’unique antidote semble être la fermeture du site». Les plus hardis de ces journalistes se sont même aventuré à  contacter le Ministère de la Censure et de la Facture numérique  (Ministère des Technologies de la Communication) pour obtenir quelques éclaircissements, mais en vain.

 

Un article paru aujourd’hui dans «La Paresse», la Pravda tunisienne, pourrait pourtant nous éclairer sur les véritables raisons menant au blocage du site de réseau social numérique le plus célèbre au monde. L’article, d’une langue de bois inégalée, nous apprends en effet, que le «Dialogue global avec les jeunes : la Tunisie d’abord», un forum de discussion disponible sur internet, atteindra son apogée le 20 septembre 2008. Ce forum se veut «un espace de pratique démocratique de haut niveau, une première mondiale, qui constitue l’espace idoine à la démocratie de participation, en tant que pratique destinée aux jeunes».

 

Nul doute donc que la censure de facebook n’a d’autres buts que de permettre aux jeunes Tunisiens de participer activement et pleinement à ce prétentieux « dialogue global » dont les résultats, seront certainement déterminants sur l’interminable voie de la réforme et du progrès démocratique. Dans cette optique, des sites comme Facebook, Dailymotion et Youtube, de même que certains éléments de la blogosphère, ne sont que des  attractions futiles pour le cybercitoyen tunisien.

La « Paresse » Tunisienne : des mots, rien que des maux

Aujourd’hui sur les colonnes de La Presse :

 

Renforcer les libertés individuelles et la cohésion sociale

 

 

Dans un élan réformateur en parfaite symbiose avec l’esprit et la lettre de la Constitution et des standards internationaux en la matière, le Président Ben Ali a initié un processus de développement accru et régulier du système judiciaire national, dans lequel prévalent les principes de la primauté de la loi, le respect des droits de l’Homme et les valeurs de l’État de droit et des institutions.

 

Dialogue global avec les jeunes «La Tunisie d’abord» : Une libre expression

 

 

La jeunesse tunisienne est désormais apte à pratiquer le dialogue, et ce, par son respect au droit de chacun à la différence. C’est, somme toute, cette aptitude avérée qui lui a permis de s’approprier de nouveaux atouts sur la voie de l’accès aux hautes sphères de la décision politique dans ses multiples expressions (économique, sociale et culturelle).

 

Caricatures : Bakchich

Oussama Mellouli : “J’offre cette victoire olympique au Président Ben Ali”

 

La Tunisie exulte. 40 ans après l’exploit du légendaire Mohamed Gammoudi, médiallé d’or aux 5.000 mètres lors des J.O de Mexico en 1968, Oussama Mellouli a remporté dimanche la médaille d’or dans l’épreuve du 1500m nage libre à Beijing.

 

Y-a-t-il ailleurs dans le monde un autre médaillé qui doit autant à son Président de la République?

 

A exprimé sa considération et sa reconnaissance au Président Zine El Abidine Ben Ali qui, a-t-il dit, “a veillé à me transmettre ses félicitations, juste après mon accession au podium olympique”.

 

A rendu un hommage particulièrement appuyé au Président Ben Ali pour l’attention particulière, dont il ne cesse d’entourer le sport et les sportifs tunisiens.

 

A affirmé qu’«il offre cette victoire olympique au Président Zine El Abidine Ben Ali». L’intérêt présidentiel généreux, a-t-il relevé, lui a été d’un grand soutien dans son parcours sportif en général et dans les jeux olympiques en particulier.

 

S’est déclaré très honoré du suivi et de l’intérêt que le Président Zine El Abidine Ben Ali porte aux résultats qu’il a réalisés, faisant remarquer que cet intérêt ne peut que refléter la haute sollicitude, dont le Chef de l’Etat ne cesse d’entourer les jeunes, en général et les sportifs, en particulier, ce qui permet d’ouvrir devant eux de larges perspectives vers un surcroît de brio et d’excellence.

 

Source des louanges : T.A.P

Tunisie : Prison et censure pour les voix dissidentes

L’opposante tunisienne et militante des droits de l’Homme, Zakia Dhifaoui, a été condamnée à huit mois de prison ferme à la suite d’une manifestation de “soutien aux victimes du bassin minier” de Gafsa.

 

Mme Dhifaoui a été condamnée jeudi par le tribunal de première instance de Gafsa pour “insubordination, troubles de l’ordre public, entraves à un fonctionnaire dans l’excercice de ses fonctions et atteinte aux bonnes moeurs”, a déclaré à l’AFP le chef du Forum démocratique du travail et des libertés (FDTL, légal) Mustapha Ben Jaafar. Arrêtée le 29 juillet à Redeyef au lendemain de la marche, Zakia Dhifaoui, responsable locale du FDTL à Kairouan (centre), perdra sa fonction d’enseignante du fait de sa condamnation à une peine de prison, a ajouté M. Ben Jaafar, dénonçant une “mascarade de procès”. Mme Dhifaoui a été jugée en même temps que six autres manifestants, dont quatre enseignants et un fonctionnaire condamnés chacun à six mois de prison.

 

Quatre opposants adressent une lettre à Rama Yade la délicieuse, lui demandant de réagir à l’arrestation, jugée injuste, d’un jeune Tunisien résident à Nantes

 

M. Ess’ghaier Belkhiri, 29 ans, originaire de Redeyef et résident à Nantes, a été arrêté le vendredi 1er août 2008 à son arrivée au port de la Goulette en Tunisie. Il a, ensuite, été transféré à Gafsa où il a comparu, le lundi 4 août 2008, devant le juge d’instruction au tribunal de première instance de Gafsa qui a ordonné son incarcération. Poursuivi pour sa solidarité avec la lutte des populations du bassin minier, il est accusé, tout bonnement de « financement de rébellion ». Un acte de solidarité est ainsi transformé en un crime passible de 20 ans de prison. Tout se passe comme si l’état de non-droit qui sévit en Tunisie s’étend au pays de droit qu’est la France où la liberté de manifester est garantie, et où, en l’occurrence, elle a été légalement sollicitée et obtenue, comme nous continuons à le croire. Liberté de ce côté-ci de la Méditerranée, crime au-delà ?

 

Pendant ce temps, plusieurs blogs tunisiens sont tombés sous les coups de serpe du fameux Ammar 404.

Tunisie: Le gendre va créer une banque islamique

D’aprés Business News, Mohamed Sakher El Materi, le jeune entrepreneur, dynamique et visionnaire va créer une banque islamique en Tunisie.

 

Prochainement:

  1. La télé islamique?
  2. Le parti islamique?
  3. La république islamique de Tunisie?

Nb: Caricature via Bakchich

Quand Ben Ali parle, Philippe Séguin s’endort

Philipe Séguin, le président de la Cour des comptes faisait partie des VIP étrangers, invité à assister au congrès du RCD, le parti du président Ben Ali.

Il a toutefois raté le moment historique , ses paupières étaient sans doute trop lourdes. Mais soyons indulgents, apparemment, il n’était pas le seul à s’ennuyer devant cette mascarade.

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